Un ultimatum est fixé au 18 juin pour le projet de télécabines à Montréal
Un peu plus de trois ans après avoir présenté le projet de télécabines à Montréal, la société Skylink a perdu patience, aujourd’hui.
Elle a donné aux instances gouvernementales et à la Société du Vieux-Port jusqu’au 18 juin pour faire avancer le projet. Si aucun progrès significatif n’est réalisé d’ici là, Skylink a indiqué son intention d’aller conquérir d’autres marchés.
«Assez, c’est assez, a lancé le président de Skylink, Niels Jorgensen. Nous avons plusieurs occasions d’affaires ailleurs, à Detroit, à Windsor, à Ottawa et même à Québec. Si aucune action n’est prise d’ici au 18 juin, nous dirons au revoir à Montréal.»
M. Jorgensen a fait écho aux demandes des commerçants du Vieux-Montréal, qui se sont manifestés jeudi. Il souhaite que les gouvernements fédéral et provincial s’emploient à convaincre la Société du Vieux-Port d’accepter de céder 1 600 m2 de son territoire.
Le ministre fédéral responsable de la région de Montréal, Christian Paradis, a pourtant indiqué jeudi à La Presse canadienne qu’il ne pouvait forcer la Société du Vieux-Port à accepter le projet.
«La Société est un organisme indépendant, avait-il rappelé. Je n’ai pas un pouvoir décisionnel. Ça ne veut pas dire que notre gouvernement est contre le projet. Mais je constate que le projet ne fait pas l’unanimité.»
Du côté de la Ville de Montréal, le porte-parole du conseil exécutif, Darren Becker, a indiqué que la Ville prenait le projet au sérieux, mais qu’elle attendait toujours les recommandations des services du Développement économique. «Le projet reste à l’étude», a-t-il simplement confirmé.
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Avec des télécabines pouvant transporter une dizaine de personnes et des départs prévus aux 12 secondes, le projet de Skylink doit permettre de réaliser trois millions d’allers-retours par année. Présenté comme une nouvelle voie de transport durable, le projet de Skylink prévoit un trajet de 12 minutes entre Saint-Lambert et le centre-ville de Montréal.
«Avec des départs aux 12 secondes, les télécabines offrent beaucoup plus de flexibilité que le métro ou la navette fluviale, a expliqué Luc Harvey, porte-parole de Skylink. D’autant plus que la navette fluviale ne fonctionne pas pendant l’hiver.»
Le Centre national du transport avancé (CNTA) a d’ailleurs donné son appui au projet. «Certes moins connue dans l’offre de transport au Québec, cette technologie représente un moyen de transport fiable, fonctionnel et particulièrement bien adaptée à notre climat», a déclaré le directeur senior de CNTA, Pierre Lavallée.
La Société du Vieux-Port ne semble cependant pas prête de se laisser convaincre. Elle considère que des télécabines au-dessus de son territoire nuiraient à ses opérations, défigureraient le paysage du Vieux-Port et mettraient en péril des vestiges archéologiques et des espaces verts.