Compteurs d'eau: Un rapport qui fait mal à la Ville
Élus mal informés, prix trop élevés, pratiques de bonne gouvernances écartées, études approximatives: le rapport sur les compteurs d’eau déposé hier par le vérificateur général est plutôt cinglant.
Le controversé contrat de 360 M$, que la Ville a octroyé au consortium GÉNIeau, est suspendu depuis que des enquêtes journalistiques ont révélé que Montréal payait beaucoup plus cher que les autres villes canadiennes et que l’ancien bras droit du maire, Frank Zampino, avait fait un séjour sur le yacht d’un des entrepreneurs chargés du contrat. Le dossier fait également l’objet d’une enquête de la Sûreté du Québec.
Dans son rapport, le vérificateur général Jacques Bergeron s’interroge notamment sur une clause du contrat favorisant les entreprises montréalaises et sur le fait que le propre service du contentieux de la Ville ait été écarté. Par ailleurs, le projet ne permettra pas d’obtenir un rapport efficacité-coût optimal, note M. Bergeron.
Si le volet 1 (celui des compteurs d’eau) prête moins flanc à la critique, le volet 2 (gestion du débit) a quant à lui été introduit de façon hâtive et réduit la concurrence, déplore-il.
«La Ville doit développer des mécanismes de gestion pour mieux contrôler le coût des travaux d’infrastructure», conclut le rapport.
Labonté s’insurge
«Le maire a perdu le contrôle politique et administratif de la Ville», a aussitôt réagit le chef de l’opposition Benoit Labonté, qui déplore que «le maire ait donné les clés de la gestion de l’eau au privé».
Le maire Tremblay réagira pour sa part aujourd’hui.