Compost Montréal: Petite entreprise… et gros défi
Depuis juillet 2007, l’entreprise Compost Montréal offre un service de collecte de matières compostables aux Montréalais. Au départ, Stephen MacLeod, seul avec son vélo, ramassait environ 80 litres de matières organiques qu’il déposait à son éco-quartier. Aujourd’hui, la PME emploie six personnes, vient de franchir le cap des 500 clients et dessert plusieurs quartiers centraux de la métropole. Métro s’est entretenu avec le directeur général de cette entreprise verte, Stephen MacLeod.
Comment vous est venue l’idée de faire la cueillette des matières compostables?
Chaque semaine, j’allais porter mes matières organiques à l’éco-quartier et je me suis dit que ce serait bien d’en apporter plus, au moins celles de mon voisinage. Remplir un seau, c’est une affaire, mais aller le porter, c’en est une autre. Alors, nous le faisons pour eux.
Les gens acceptent de payer pour se débarrasser de leurs déchets?
Je n’ai jamais eu de doute que les gens embarqueraient, parce que moi je paierais ça pour avoir ce service-là. C’est quand même énorme la différence que ça fait, parce qu’on peut diminuer jusqu’à 60 % nos déchets en triant les matières qui peuvent être compostées.
N’avez-vous pas peur de perdre votre clientèle lorsque la Ville de Montréal offrira la cueillette à tous les Montréalais?
Ce qui m’inquiète le plus, c’est la manière dont ce sera fait. Le compostage industriel donne souvent un compost de mauvaise qualité. En acceptant tout (la viande crue, les produits laitiers…), comme c’est le cas présentement avec le projet pilote sur le Plateau par exemple, le compost est de mauvaise qualité, dégage des odeurs et attire la vermine. Si, au final, le compost n’est pas de bonne qualité, on va se ramasser avec des tonnes de mauvais compost dont on devra se débarrasser et qu’on devra envoyer au dépotoir. Ce qui créera un autre problème.