Minh-Tâm Trân: un homme prêt à aider les communautés
Minh-Tâm Trân, qui effectue présentement sa dernière année d’études en pharmacie, est né et a toujours vécu à Montréal. Mais il a grandi entre le milieu francophone et la communauté vietnamienne. Fort de son expérience personnelle, le jeune homme a décidé d’agir en faveur des communautés vivant à Montréal.
Chez ses parents, Minh-Tâm Trân parle vietnamien. À l’école, français. Avec ses amis, parfois
français, parfois anglais. «Jusqu’à présent, je ne me suis impliqué que périodiquement dans le milieu vietnamien. J’ai été parfois animateur pour des évènements en vietnamien. Ce fut l’occasion de continuer d’apprendre la langue», explique le jeune homme aux cheveux noirs et à l’accent québécois.
Ses parents sont arrivés à Montréal à la suite de la guerre du Vietnam à la fin des années 1970. «Ma mère était très moderne, elle voulait que je sois élevé comme un Québécois», confie Minh-Tâm Trân.
Un engagement sans limites
Depuis qu’il fait ses études, ce futur pharmacien a eu à cÅ“ur d’aider les jeunes, toutes communautés confondues, à se sentir bien à Montréal. Il a cofondé l’association à but non lucratif Jeunes/Youth, qui a pour but de former des jeunes de 15 à 18 ans au leadership. «Nous les aidons à avoir un impact dans leur communauté. Par exemple, si un jeune a envie de participer à une activité parascolaire, nous le soutenons pour faire les démarches nécessaires», explique Minh-Tâm Trân, habillé d’un costume très chic.
Les activités du jeune homme ne s’arrêtent pas là : il est également membre du Conseil permanent de la jeunesse rattaché au ministère du Conseil exécutif. «Si les gens voient en moi d’abord un Vietnamien qui s’implique dans la vie locale, c’est bien, commente-t-il, même si je me sens plutôt québécois.» Pour lui, l’important, c’est de s’engager, que ce soit pour la communauté québécoise, vietnamienne, chinoise, etc.
Vietnamien dans l’âme
Malgré ses divers engagements, le jeune Québécois n’oublie pas ses origines. «Un jour, un étudiant vietnamien est venu m’interpeller, raconte-t-il. Je lui ai proposé un poste de secrétaire dans une association. Je voulais qu’il puisse avoir une réelle ouverture hors de la communauté vietnamienne. On apprend beaucoup des autres en les côtoyant.»
Il souhaite que la communauté vietnamienne ait plus d’impact au Québec. «Les Chinois ont des représentants en politique, et on entend parler d’eux à Montréal. C’est moins le cas pour les Vietnamiens», affirme-t-il en faisant de grands gestes à la manière d’un politicien.
À la fin de l’année, le jeune homme de 23 ans ne deviendra pourtant pas politicien, mais pharmacien. Son projet de fin d’études portera sur le traitement du sida au Vietnam. Il y est allé seulement trois fois depuis sa naissance, mais quand il en parle, ses yeux s’illuminent. «C’est un pays qui se développe très rapidement. Je veux mieux le connaître. Je crois que plus je vieillis, plus j’ai envie de me rapprocher de mes racines.»