Richard Bergeron est fier de son parti même s'il a un pincement au coeur
MONTREAL – Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, prévient le
maire Gérald Tremblay que la population lui accorde une dernière chance
et qu’il serait mieux de ne pas la gaspiller.
« S’il veut devenir un grand maire de Montréal, il a quatre ans devant
lui et il sait ce qu’il a à faire. S’il le fait de manière honnête et
déterminé, nous l’aiderons dans cette direction mais s’il persiste dans
d’autres directions, nous nous opposerons à lui », a déclaré celui qui
est arrivé troisième dans la course à la mairie.
Il a pris la parole devant une foule de partisans réunis au Théâtre
Nationale, dans le quartier gai de Montréal, vers 23h00, alors que tous
les résultats n’étaient pas encore dévoilés. Tard en soirée, environ 25
pour cent de la population l’avait choisi comme maire et près d’une
dizaine de conseillers devraient être élus.
Même s’il a un pincement au coeur, Richard Bergeron affirme que son
parti a toutes les raisons d’être fier des résultats puisque Projet
Montréal a changé, selon lui, la politique à Montréal puisque son parti
a ramené l’intégrité à l’avant-plan et a donné à la métropole un projet
d’avenir.
M. Bergeron a tout de même félicité Gérald Tremblay, le qualifiant de
« grand batailleur ». Il s’est d’ailleurs dit convaincu que la population
ne vivra plus ce qu’elle a vécu au cours des quatre dernières années.
« Ses deux premiers mandats ont été gaspillés, le premier par les
défusions, le deuxième par la dérive éthique », a souligné M.Bergeron.
D’abord perçu comme un candidat marginal, l’urbaniste de formation
était au coude à coude avec ses deux principaux adversaires dans les
derniers jours de campagne. Mais dès le début de la soirée, le vent
avait de nouveau tourné pour ce candidat qui s’est entre autres fait
connaître grâce à son projet d’implantation d’un tramway à Montréal et
son programme électoral axé sur le développement durable.
La candidature de M. Bergeron a fait des vagues en raison de
déclarations controversées qu’il avait faites dans le passé, notamment
sur les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Son inexpérience
relative en politique a également été montrée du doigt, certains ne
croyant pas qu’il pourrait assumer les fonctions de grand chef de la
métropole.
Au cours de sa campagne électorale, M. Bergeron a pu profiter de
l’appui de l’ex-juge à la retraite, John Gomery, et du coprésident de
la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodements
reliées aux différences culturelles, Charles Taylor.
Selon M. Gomery, la population s’est réveillée et a réalisé qu’elle ne
pouvait plus laisser au maire et au comité exécutif le soin
d’administrer la ville sans poser de questions. « Je ne pense pas que la
ville sera sujette à de nouvelles transactions douteuses dans
l’avenir », a ajouté l’ex-juge, ajoutant néanmoins que les résultats
n’étaient pas surprenants compte tenu du fait que le candidat Bergeron
était encore inconnu de la population.
Projet Montréal a été fondé en 2004. Candidat à la mairie l’année
suivante, Richard Bergeron avait récolté un peu moins neuf pour cent
des votes lors de ce scrutin. Depuis, il était conseiller de la ville
du district de DeLorimier dans l’arrondissement du Plateau Mont-Royal.