Montréal

Pour le mieux-être des autochtones en milieu urbain

Mathilde Forest Rivière - Métro

Odile Joannette est moitié innue, moitié québé­coise, mais c’est tout entière qu’elle se bat pour la cause autochtone au Québec. Née près de la réserve de Benthamite, en bordure de Val-d’Or, elle a traversé une adolescence difficile qui lui a permis de devenir plus forte. «Ce que j’ai vécu comme autochtone m’a donné des armes pour me battre contre ces injustices», lance la jeune femme au regard perçant. Dès son arrivée dans la métropole, elle a dû se rendre à l’évidence : être autochtone à Montréal n’est pas une tâche facile.

Déjà sensibilisée à la réalité complexe des autochtones grâce à sa mère, Odile Joannette s’est engagée dès la fin du cégep dans divers projets sociaux. Les postes qu’elle a occupés au cours des 10 dernières années ont en commun un but : améliorer les conditions de vie de ses frères et sÅ“urs amérindiens.

De la création d’une compagnie de production vidéo spécialisée sur la question autochtone en passant par un poste d’agente de liaison pour le regroupement des femmes autochtones, elle n’a jamais négligé la cause. Puis, il y a eu la naissance de ses deux enfants, qu’elle a initiés avec passion aux rites et à la culture benthamite. Tous ces engagements lui ont donné les outils nécessaires pour cofonder le tout premier Centre de la petite enfance (CPE) autochtone à Montréal.

Ouvert le 4 mai dernier à Verdun, le CPE Soleil levant accueille une quarantaine d’enfants amérindiens. Le personnel, à majorité autochtone, a été formé aux problématiques particulières de cette population. Pour Odile Joannette, la création du CPE était essentielle et représente davantage qu’un espace de gardiennage. «Le CPE permet aux familles amérindiennes de se sentir heureuses à Montréal, se réjouit-elle. Elles peuvent se regrouper et échanger sur les problèmes rencontrés en milieu urbain.»

Parmi les activités auxquelles les enfants s’adonnent afin de découvrir et de conserver la culture amérindienne figurent l’utilisation du tipi, l’apprentissage de chansons en inuktitut et la préparation de recettes iroquoises. «Dans une ville qui compte près de 18 000 citoyens autochtones, le CPE Soleil levant constitue l’une des premières structures mises en place pour offrir aux autochtones les services dont ils ont besoin », explique avec fierté sa cofondatrice.

Quiconque croise la jeune métisse sur son chemin verra une femme fonceuse assoiffée d’égalité. À 34 ans, Odile Joannette n’est cependant pas près d’arrêter son combat. Elle a tout récemment accepté un poste à la Table des grands chefs des Premières nations à titre de responsable des communications. «Je suis maintenant dans le monde politique et j’ai l’intention de faire changer les choses où se trouve le pouvoir», conclut-elle.

Articles récents du même sujet