Montréal

Plan d'action en itinérance: 70 mesures, mais pas de politique globale

Quarante jours après le dépôt du rapport de la Commission parlementaire sur l’itinérance, la mi­nistre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, a annoncé lundi la mise sur pied d’un plan d’action interministériel doté de 70 mesures et d’un budget de 14 M$ sur trois ans. Pas un mot toutefois sur la politique globale réclamée notamment par le Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ) et le Parti québécois (PQ). «Je ne ferme pas la porte à une politique, mais nous ne pouvions pas attendre, a déclaré la ministre Thériault. Ce que nous proposons, c’est une répon­se rapide qui prend en considération les recommandations de la Com­mission.» Selon Lise Thériault, deux tiers des recommandations faites par la Commission ont été respectées. Le plan d’action interministériel regrou­pe 10 mi­nistères et organismes gouvernementaux. Un comi­té sera mis sur pied afin d’assurer la concertation des intervenants et la coordination des actions.

Cinq mesures

Ces actions ont été réparties en cinq catégories. Tout d’abord, des mesures seront prises afin d’améliorer la prévention de l’itinérance. L’accès au logement représente également un dossier prioritaire pour la ministre, qui a demandé à la Société d’habitation du Québec de réserver 300 unités de logements aux personnes itinérantes dans sa nouvelle programmation Accès-Logis.

L’amélioration, l’adaptation et la coordination des interventions auprès des itinérants constituent une autre priorité du gouvernement, qui devra par ailleurs voir à favoriser une cohabitation tolérante et sécuritaire entre les différents groupes de citoyens. Enfin, le plan d’action prévoit davantage de recherche sur le sujet de l’itinérance afin d’en comprendre les tenants et aboutissants et de prévoir des solutions adaptées. La ministre de la Justice, Kathleen Weil, a pour sa part réitéré sa volonté de «maintenir un système de justice intègre et équitable» et a dit vouloir travailler à trouver d’autres options à la judiciarisation des itinérants.

Quelques déceptions
Monique Richard, porte-parole du Parti québécois en matière d’emploi et de solidarité sociale, n’a pas été impressionnée par le plan de la ministre Thé­riault. «Ce n’est pas suffisant, a-t-elle affirmé d’emblée. On s’attendait à un coup de barre compte tenu de la participation à la Com­mission parlementai­re. Lorsque la ministre dit qu’elle reprend deux tiers des recommandations, elle le fait en énoncé, mais en termes de moyens con­crets, c’est assez tiède.» Le Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ) s’est également montré déçu de la proposition de la ministre. «On reste sur notre appétit, a indiqué le coordonnateur du Réseau, André Trépanier. Il n’y a pas beaucoup de nouveauté dans le plan. On parle plutôt de continuité et de consolidation de mesures déjà en place.»

Pour les refuges
La ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thé­riault, a affirmé hier qu’une entente multipartite serait signée au printemps afin de «mieux soutenir les refuges et de mieux répondre à leurs besoins en termes de financement». Le directeur général de la Mission Old Brewery, Matthew Pearce, y a vu un bon premier pas, mais demeure prudent. «Cette entente, c’est comme le plan d’action. Pour le moment, ce n’est que du papier», a-t-il dit.

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