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Luc Ferrandez, maire du Plateau-Mont-Royal: Changements sans compromis

Le 1er novembre, les électeurs de quatre arrondissements ont fait le pari du changement. Autrefois détenus par le parti du maire, Union Montréal, les arrondissements d’Ahuntsic-Cartierville et du Plateau-Mont-Royal sont passés aux mains de Projet Montréal, tandis que ceux de Rosemont-La Petite-Patrie et du Sud-Ouest ont basculé vers Vision Montréal. Métro vous présente aujourd’hui le troisième de cinq articles traitant du vent de changement que souhaitent y insuffler les quatre nouveaux maires. Métro rencontre le maire du Plateau-Mont-Royal et membre de Projet Montréal, Luc Ferrandez.

À votre arrivée à la tête du Plateau-Mont-Royal, dans quel état se trouvait l’arrondissement?
Le Plateau est un quartier privilégié avec une population extrêmement intéressante. Néanmoins, il y a des problèmes récurrents, notamment en ce qui a trait à la densité de la circulation. Chaque jour, il y a l’équivalent de quatre fois le pont Champlain qui passe dans nos rues, soit 630 000 voitures.

Il y a aussi une population pauvre qui a de la difficulté à se loger. Des gens qui se font expulser de leur logement, on voit ça toutes les semaines. La population change énormément. Il y a un taux de déménagement qui varie entre 11 % et 22 % par année. Au bout de cinq ans, on a perdu 50 % de notre population. On gagne beaucoup en animation, mais on perd en vie de quartier.

Quel est votre objectif pour les quatre prochaines années?

Il faut travailler à préserver nos bases, c’est-à-dire notre patrimoine et nos parcs. Et il faut ajouter à ça une couche de civilisation. Il faut donc travailler au verdissement, à l’apaisement de la circulation et à la diminution du bruit.

Il faut être «fast and furious». Quand je suis arrivé, on a regardé l’ordre du jour de l’équipe qui était là avant nous [celle d’Helen Fotopulos et d’Union Montréal] et ce qui avait été fait. On s’est rendu compte que l’administration précédente avait les mêmes projets que nous. Déjà en 1985, on parlait d’apaisement de la circulation, de verdissement et de propreté, et le premier projet de piétonnisation de l’avenue du Mont-Royal date de 1970 environ. Tout a déjà été dit, mais rien n’a été fait.

Comment comptez-vous aller de l’avant et concrétiser vos projets alors que vos prédécesseurs n’y sont pas parvenus?
Il faut d’abord se donner des moyens financiers. On s’est donné une marge de manÅ“uvre en réduisant les coûts du déneigement et en augmentant les revenus qui viennent du stationnement. Cela va nous permettre de mettre en Å“uvre des projets.La deuxième chose qu’on doit faire, c’est viser le long terme sans se soucier du court terme. On ne doit pas s’arrêter pour éviter de payer un coût politique. Quand on réduira la circulation ou qu’on augmentera les coûts du stationnement, il y aura un prix politique à payer. Et il faut le payer pour dire : «On avance.» Autrement, il ne se passe rien.

Votre arrondissement est aux prises avec certaines difficultés financières. Comment gérez-vous la situation?
On doit gérer une dette de 4 M$ et un déficit de 1,5 M$. On a déjà réussi à faire un redressement significatif en comprimant des dépenses au niveau de l’arrondis­sement. On a aussi fait une compression en ce qui concerne notre cabinet. On économise environ 175 000 $ par année en éliminant les places de stationnement qui nous étaient réservées et en s’empilant les uns sur les autres pour travailler. Ces mesures nous permettent de sortir la tête de l’eau.

Quels projets envisagez-vous pour les quatre années de votre mandat?
Il y a un projet qui est déjà en cours, le Plan de déplacement urbain (PDU). Il s’agit de notre grand projet pour la circulation sur le Plateau. Il comporte 40 mesures qui visent à pousser les gens à utiliser le transport en commun et le vélo, et à marcher davantage. L’échéancier était initialement prévu pour 2024. Nous, on veut le faire en quatre ans.

En termes de logement, pendant 10 ans, on a eu seulement 32 nouveaux logements sociaux par année en moyenne. C’est complètement insuffisant. Si au bout de quatre ans on n’a pas construit de 200 à 300 logements, on sera très déçus.

Le verdissement fait aussi partie de nos priorités. On a un plan exhaustif qui vise notamment à planter et à protéger plus de 1 000 arbres par année. Ensuite, on veut verdir les ruelles et les murs aveugles, et on veut recréer des îlots de fraîcheur. On veut enfin créer de nouvelles places publiques et revoir une partie de celles qui existent déjà. Par exemple, on veut revoir l’espace devant le métro Mont-Royal.

Avez-vous abandonné des projets prévus par l’ancienne administration?
Quand je regarde les projets de la mairesse qui m’a précédé [Helen Fotopulos], il n’y en a pas beaucoup qui me font dire : «Ah! Non! Ce n’est vraiment pas bon. On va le jeter aux poubelles.» Il y a par contre certains projets que j’estime trop coûteux. Le projet de la Maison de la culture est extrêmement cher, extrêmement ambitieux. Mais c’est juste un projet. Probablement qu’elle [Helen Fotopulos] l’aurait retravaillé.

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