Pierre Gagnier, maire d'Ahuntsic-Cartierville: «Ça prend des piastres»
Le 1er novembre, les électeurs de quatre arrondissements ont fait le pari du changement. Autrefois détenus par le parti du maire, Union Montréal, les arrondissements d’Ahuntsic-Cartierville et du Plateau-Mont-Royal sont passés aux mains de Projet Montréal, tandis que ceux de Rosemont-La Petite-Patrie et du Sud-Ouest ont basculé vers Vision Montréal. Métro vous présente aujourd’hui le deuxième de cinq articles traitant du vent de changement que souhaitent y insuffler les quatre nouveaux maires.
Métro rencontre le maire de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville et membre de Projet Montréal, Pierre Gagnier.
À votre arrivée à la tête d’Ahuntsic-Cartierville, dans quel état se trouvait l’arrondissement?
Il y a toujours deux côtés à la médaille. L’arrondissement va bien et il va aller mieux parce qu’on s’en occupe. On doit cependant composer avec des contraintes, dont une dette de 4,9 M$ accumulée par l’ancienne administration. On n’a pas le choix de rembourser cette dette et on veut le faire le plus rapidement possible.
Un autre aspect qui m’a frappé lors des trois premiers conseils d’arrondissement que j’ai présidés, c’est l’importance que les gens accordent à la transparence et à la communication. Il y a eu un élément [le déménagement des bureaux de l’arrondissement, qui a coûté plus de 2,5 M$] qui a choqué bien du monde, dont moi.
Moi, j’ai été dans le commerce pendant des années et je sais que pour garder des clients, il faut les garder contents. Et pour qu’ils soient contents, il faut qu’ils sentent qu’on est avec eux et qu’on les écoute. En politique, c’est la même chose.
Quel est votre objectif pour les quatre prochaines années?
J’ai été en affaires pendant 40 ans. Je suis un entrepreneur, un développeur. Pour aboutir ici [à la mairie], c’est ce qu’il faut être. Si je partais dans quatre ans, je voudrais avoir laissé ma marque. Je veux avoir amélioré la qualité de vie des citoyens, avoir amélioré les services. Mais tout ça, ce ne sont que des belles paroles si ce n’est pas appuyé par du développement
économique. Ça prend des piastres pour donner des services aux gens. C’est ça que je veux faire.
Comment comptez-vous améliorer la situation financière de votre arrondissement?
Présentement, il y a trois grands projets de construction dans l’arrondissement. Je ne m’attribue pas de mérite, ils ont été lancés avant moi, mais ils démarrent au bon moment. Le premier projet concerne la place l’Acadie. Quelque 1 300 logements y seront construits au cours des cinq prochaines années. Il s’agit d’un investissement de 250 M$.
L’autre projet très intéressant, c’est au métro Henri-Bourassa. Environ 400 logements y seront construits au coût de 60 M$. Le projet est en phase d’approbation finale, et la construction devrait débuter en juin. Enfin, une tour à bureaux de 7 à 10 étages doit être construite au coin de la rue Papineau et de la Métropolitaine par la Commission de la construction.
Ces trois projets rapporteront des millions de dollars à l’arrondissement, notamment en taxes municipales.D’autre part, dans le budget de la Ville, il y a 12 M$ prévus pour les arrondissements, qui n’ont pas encore été distribués. On a fait les démarches pour avoir notre part du gâteau. On a lancé des cris d’alarme partout où on pouvait pour dire qu’on a été maganés (sic) et qu’on veut notre part du 12 M$.
Serez-vous en mesure delancer des projets malgré vos difficultés financières?
Présentement, on est menottés par la Ville, qui nous a coupé nos budgets pour le Plan triennal d’immobilisation (PTI) de 40 %. De plus, l’ancienne administration a pris tous les budgets du PTI pour l’année 2010. On est dans une situation où on ne peut pas dire qu’on va faire des projets, on n’a pas d’argent pour les faire. On a même de la difficulté à offrir des services.
Ça ne donne rien de lancer des projets locaux, de dire qu’on va construire un autre aréna ou un autre parc. Ça ne donne rien parce qu’en ce moment, ça ne peut pas être réalisé. Il faut rebâtir les finances de l’arrondissement, payer nos dettes et rebâtir nos fonds de réserve, qui ont été entièrement dépensés par l’ancienne administration. Ce qu’il nous reste, ce sont les projets privés.
Votre programme électoral prévoyait un tramway qui permettrait de lier Ahuntsic et le centre-ville, et une voie réservée en site propre sur le boulevard Henri-Bourassa. Avez-vous abandonné ces projets?
Quand le métro arrive de Laval, il est plein. Les gens aux stations Henri-Bourassa et Sauvé peuvent difficilement monter à bord. Richard Bergeron [le chef de Projet Montréal] a proposé de construire un tramway qui partirait du Nord et qui se rendrait au centre-ville. Ça serait un complément naturel au métro, à un tiers du coût. J’ai demandé à M. Bergeron de ne pas oublier ce projet.
Pour ce qui est de la voie réservée, je pense que c’est un projet à évaluer. Mais je pense que le
tramway devrait avoir préséance parce que le besoin est là.
Avez-vous abandonné des projets prévus par l’ancienne administration?
On n’a pas abandonné de projets puisque l’ancienne administration avait déjà utilisé tout l’argent pour 2010 et n’avait rien prévu.