Taxe sur le stationnement: Les commerçants veulent une alternative
Une coalition formée de six associations liées au développement économique de Montréal, dont la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, a demandé hier à la Ville de revenir sur sa décision d’imposer une taxe sur les stationnements non résidentiels du centre-ville. Disant comprendre la précarité de la situation financière de la Ville, la Coalition pour une véritable métropole s’est dite prête à travailler avec l’administration du maire Gérald Tremblay afin de trouver des solutions aux problèmes récurrents de financement.
«Il est important que Montréal se dote de sources de financement autres que l’impôt foncier», a rappelé Jean Laramée, président du conseil d’administration de l’Institut de développement urbain du Québec (IDU). Qualifiant la nouvelle taxe sur le stationnement, prévue au budget 2010 de la Ville de Montréal, de «solution non constructive», la coalition a proposé trois autres avenues afin d’améliorer le financement de la métropole.
Une augmentation de la taxe sur l’essence dans la grande région métropolitaine a ainsi été évoquée. La coalition a également suggéré de rapatrier à Montréal une partie de la TVQ prélevée sur les achats faits dans la métropole. Enfin, une hausse du coût de l’immatriculation des voitures présentes sur l’île de Montréal a été proposée.
Réaction de la Ville
Le responsable du développement économique à la Ville de Montréal, Alan DeSousa, a vu une «bonne nouvelle» dans la sortie publique de la Coalition pour une véritable métropole. «Nous marchons désormais main dans la main, a-t-il illustré. Ce sont des joueurs très importants qui ont reconnu, avec nous, le besoin d’une nouvelle source de financement stable pour la Ville. Nous allons tout faire pour convaincre le gouvernement de répondre à notre demande.» M. DeSousa a toutefois moins apprécié les critiques de la coalition sur la nouvelle taxe sur le stationnement.
Les six associations ont déploré cette taxe, «qui coûtera plusieurs centaines de millions» aux propriétaires de stationnements, qui «pénalisera les utilisateurs du centre-ville», qui «nuira au tourisme», et qui «n’encouragera pas l’utilisation du transport en commun».
La Ville ne reviendra pas sur sa décision
«Il ne faut pas exagérer, a déclaré M. DeSousa. La taxe représente un montant additionnel de 1 $ à 2 $ par jour, par espace de stationnement. Je pense que c’est raisonnable et que ça n’aura pas pour effet de décourager les gens qui veulent vraiment venir au centre-ville.»
L’administration Tremblay n’a pas l’intention de revenir sur sa décision d’imposer cette nouvelle taxe, qui figure déjà sur les avis d’impôt foncier postés cette semaine. En outre, elle ne ferme pas la porte à la création de nouvelles taxes si le gouvernement du Québec restait sourd à sa demande de financement récurrent.