Montréal

Conférence internationale sur la reconstruction en Haïti: «Le Québec doit prendre sa place»

Le Qué­bec doit se positionner com­me un leader à la conférence
internationale sur la reconstruction en Haïti qui se déroule lundi à Mont­réal, a recommandé dimanche l’ancien ministre de
l’Éducation Paul Gérin-Lajoie. «Le Québec doit être actif à la Conférence, car il partage une longue histoire avec le peuple haïtien, a fait valoir l’homme qui sera bientôt nonagénaire lors d’une rare sortie publique. Le Québec a acquis une connaissance de la mentalité et des réflexes des Haïtiens qu’aucun autre pays n’a pu acquérir.»

En outre, M. Gérin-Lajoie a proposé aux États «amis d’Haïti» de désigner le Canada comme leader de la prochaine conférence sur l’aide à Haïti, dont la date sera fixée aujourd’hui.

L’éducation, une priorité
M. Gérin-Lajoie a aussi insisté sur l’importance qu’aura le développement de l’éducation dans la reconstruction d’Haïti. «En tenant compte des besoins immédiats de survie, bien sûr, on doit accorder une priorité à l’éducation, c’est-à-dire à la réouverture des écoles […] et aux savoir-faire locaux», a affirmé le père de la Fondation Paul Gérin-Lajoie et de la dictée PGL. Il propose donc que 2 % du budget alloué à chaque projet d’infrastructure soit réservé à la formation du personnel local.

Sa fondation, active auprès des enfants d’Haïti depuis 15 ans, espère aussi que l’aide internationale se fera en collaboration avec les Haïtiens, «qui ne sont pas ignorants et incapables comme certaines nouvelles le laissent croire». Selon M. Gérin-Lajoie, la participation de la population locale est essentielle à la réussite des efforts de reconstruction en Haïti.

Oxfam-Québec, qui participera aujourd’hui à la Conférence internationale, a aussi émis ses recommandations hier, par voix de communiqué. L’organisme de lutte à la pauvreté dans le monde demande entre autres que la communauté haïtienne assume un rôle central dans le processus de reconstruction de son pays. Il demande aussi que la dette énorme du pays soit annulée et que les régions les plus démunies bénéficient d’appuis financiers pour accélérer la reprise de leur économie. 

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