Montréal

Séisme en Haïti: Mobilisation de la communauté haïtienne

Moins de 24 heures après le violent séisme qui a secoué Haïti mardi, la communauté haïtienne de Mont­réal s’est mobilisée pour venir en aide aux personnes touchées. À l’initiative du député libéral de Viau, Émmanuel Dubourg, lui-même d’origine haïtienne, une cellule de crise regroupant des élus d’origine haïtienne, des organisations communautaires et religieuses ainsi que la Croix-Rouge a été formée.

Cette cellule, dont la pertinence sera réévaluée dans 30 jours, compte assurer un lien entre le Québec et Haïti. Elle se chargera notamment d’organiser, en collaboration avec la Croix-Rouge, une vaste collecte de fonds. «On veut éviter que des collectes de fonds s’organisent à gauche et à droite, a expliqué Émmanuel Dubourg, qui était toujours à la recherche de sa sÅ“ur hier. Nous voulons centraliser l’aide pour éviter que des dérapages n’aient lieu.»

En 2004, une partie de l’aide destinée à la population des Gonaïves, touchée par des inondations et des coulées de boue à la suite de l’ouragan Jeanne, ne s’était jamais rendue à bon port.

La Ville en veille
Le conseiller municipal d’origine haïtienne Frantz Benjamin, dont le père manquait à l’appel hier, a indiqué que la Ville de Montréal avait mis en place une structure de veille quelques heures après le séisme. «Nous allons collaborer avec le gouvernement du Québec pour nous assurer que l’aide d’urgence soit acheminée rapidement», a-t-il indiqué. Les partis de l’opposition, Vision Montréal et Projet Montréal, ont assuré au maire leur entière collaboration afin de déterminer la nature de l’aide offerte par la Ville.

Appel à la solidarité
La présidente du Conseil national de la communauté haïtienne du Canada, Ninet­te Piou, a toutefois voulu éviter toute valse-hésitation. «Pour le moment, c’est d’argent que nous avons besoin, a-t-elle affirmé. La situation en Haïti est difficile, mais ici, nous sommes vivants et nous pouvons aider. Nous en appelons à la solidarité des gens.»

Soirée difficile
Le conseiller municipal Frantz Benjamin a accepté de témoigner des heures difficiles qui ont suivi l’annonce du séisme en Haïti. Le père de M. Benjamin manquait toujours à l’appel hier. «Ma soirée n’a probablement pas été différente de celle de beaucoup de membres de la communauté haïtienne, a-t-il déclaré. Elle a été ponctuée de tentatives vaines pour joindre des parents, des amis. Puisque toutes mes tentatives d’entrer en communication avec Haïti ont échoué, j’ai tenté de passer par d’autres canaux, en appelant des amis ou de la famille aux États-Unis notamment. Je n’ai pas encore eu le temps de décanter ce drame que nous vivons tous puisque je suis toujours dans l’action.»

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