Montréal n'aura plus de boisés d'ici 2029
Au rythme actuel de la déforestation et si rien de significatif n’est entrepris, tous les boisés de la métropole montréalaise auront disparu d’ici 2029. Le chiffre n’est pas nouveau, mais il prenait une nouvelle dimension mardi dans le cadre du Sommet sur la biodiversité de Montréal.
«Et ce n’est pas un groupe de freaks écolos à pancartes qui dit ça, c’est le gouvernement du Québec», s’exclame Jean-François Girard, avocat biologiste pour le cabinet Dufresne Hébert-Comeau. Me Girard milite d’ailleurs pour une plus grande intervention des politiciens et des citoyens.
Montréal a entrepris en 2004 de recenser ses forêts, ses rivières et ses marais d’intérêt, pour notamment aboutir à la création de 10 écoterritoires. En cinq ans, le pourcentage de territoire montréalais protégé est passé de 3,2% à 5,2 %. Même si certains écolos doutent de la réelle protection de ces zones, l’objectif de 6 % sera atteint d’ici quelques années, en ajoutant encore plus de 200 hectares (l’équivalent en superficie du mont Royal) au territoire protégé.
48 espèces à protéger
La clé pour permettre aux animaux de se déplacer consiste à créer des corridors de nature entre les différentes zones d’intérêt écologique comme les boisés, les rivières ou les marais. Cela contribue à garder sur l’île nos cerfs de Virginie, mais aussi le pékan, la couleuvre brune, le coyote ou la loutre des rivières. Montréal héberge 48 espèces à protéger, rappelle la biologiste Kim Marineau.
Mais l’intérêt n’est pas que biologique, ajoute Patrick Asch, d’Héritage laurentien. En plus de favoriser l’activité physique, une forêt ou un milieu humide permettent d’éviter les îlots de chaleur occasionnés par l’asphalte et donnent de la valeur à un quartier. Sans parler du rôle économique de mère Nature : «Le potentiel récréotouristique de la métropole est de 1,9 G$, soit cinq fois plus que ce que rapportent les congrès.» Le Sommet se termine aujourd’hui. Le maire Gérald Tremblay annoncera les huit engagements que la Ville compte prendre pour protéger la biodiversité.
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Pour comprendre la problématique des îlots de chaleur urbains, le court-métrage de Philippe Martin qui a reçu la mention d’honneur au concours Caméra verte 2008