Profilage racial : un choc des idées
La consultation publique de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a été le théâtre d’un choc d’idées, mercredi. La Commission avait invité la Ville de Montréal et le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) à venir présenter leurs points de vue et leurs solutions à propos du profilage racial. La divergence d’opinions est rapidement devenue évidente.
«La Ville est prête à admettre quand il y a un problème, mais dans le cas du profilage racial, rien ne nous indique qu’il s’agit d’un problème systémique, a affirmé Marvin Rotrand, conseiller de Snowdon. Selon ce que nous entendons et le nombre de plaintes qui sont reçues, il semble plutôt s’agir de problèmes individuels.»
Le président de la Commission, Gaétan Cousineau, a corrigé le représentant de la Ville en lui rappelant l’importance de ne pas nier le problème du profilage racial. «Soyez très prudent quand vous faites une évaluation du profilage racial en vous basant sur le nombre de plaintes reçues, a-t-il averti. Non seulement les gens ont-ils cessé de faire des plaintes, mais plusieurs plaintes reçues sont retardées au tribunal pour les raisons que vous connaissez.»
M. Cousineau a d’ailleurs vivement déploré les «procédures dilatoires» utilisées par les avocats de la Ville afin de retarder les procédures en cour. De son côté, le SPVM n’a pas nié l’existence du profilage racial. Il a cependant précisé qu’il était souvent question de «perception». «Les policiers de Montréal sont exposés au quotidien aux communautés culturelles, a rappelé Denis Desroches, directeur adjoint du SPVM. Quand ils vont vers les citoyens, c’est rarement pour une interaction positive. Cela peut entraîner des perceptions [de profilage].»
M. Desroches s’est montré réticent à l’idée d’instaurer, au sein du SPVM, un mécanisme de collecte de données sur les arrestations et les interpellations effectuées, comme le souhaite la CDPDJ.
Recommandations
La chef de l’opposition à la Ville de Montréal, Louise Harel, a présenté ses recommandations pour lutter contre le profilage racial :
- Obliger le responsable de la sécurité publique à la Ville à rendre compte des mesures prises pour contrer le profilage racial.
- Identifier, dans chaque poste de quartier, un policier de l’état-major responsable du dossier du profilage racial.
- Obliger les policiers à collaborer avec la Commission des droits de la personne au cours des enquêtes.