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Des prisonniers politiques au Québec ?

Photo: Denis Beaumont/Métro

Peut-on être emprisonné au Québec pour des motifs politiques? Me Sibel Ataogul, présidente de l’Association des juristes progressistes, croit que oui. «Il faut défaire le mythe selon lequel il n’y a pas de prisonniers politiques chez nous», croit-elle. Elle cite en exemple les gens détenus lors d’arrestations massives suivant des manifestations déclarées illégales, simplement pour y avoir participé. «Ils sont relâchés ensuite, puisqu’ils n’ont commis aucun méfait, mais ils ont été menottés, privés de sommeil, empêchés d’aller aux toilettes durant de longues heures, a-t-elle argué. C’est une forme d’emprisonnement politique».

Me Jean-Claude Hébert, avocat spécialisé en droit criminel et pénal, n’est de son côté pas prêt à dire qu’il se trouve des prisonniers politiques au Québec. «Même si une personne arrive à prouver devant les tribunaux qu’elle a été victime d’une détention arbitraire, on ne peut pas sauter à la conclusion que c’était pour des motifs politiques», a-t-il estimé.

Une quarantaine de personnes étaient réunies jeudi devant le palais justice de Montréal à l’occasion de la journée annuelle des prisonniers politiques. Cette journée est soulignée depuis trois ans pour commémorer les arrestations massives de manifestants lors du G-20 de Toronto le 27 juin 2010.

Organisée par l’Organisme de défense des prisonniers politiques (ODPP), la vigile a donné lieu à des tirs groupés contre le règlement municipal P-6, qui oblige les manifestants à fournir à l’avance leur itinéraire et leur interdit de masquer leur visage, sous peine de recevoir une amende salée. «Cette loi viole nos droits constitutionnels, elle viole la charte des droits et libertés», a affirmé Patrick Sicotte, de l’ODPP. Il juge que ce dernier restreint leur liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Ce règlement est présentement contesté devant la Cour Supérieure du Québec.

Ils ont dit:

  • «Sommes-nous en mesure de défendre nos droits, lorsque la justice est difficilement accessible financièrement et que certaines lois briment nos droits constitutionnels ?» – Patrick Sicotte, de l’Organisme de défense des prisonniers politiques (ODPP).
  • «Défendons nos libertés fondamentales !» – Richard Miron, militant
  • «Combattons la répression judiciaire !» – Jennifer Bobette, militante
  • «On ne sait pas si Nelson Mandela, l’un des plus grands prisonniers politiques de l’histoire, va traverser cette journée.» – Louis Roy, ancien président de la Confédération des syndicats nationaux

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