Montréal ne souffre pas trop de congestion routière, selon une étude
Les automobilistes de la région de Montréal passent en moyenne 1 h 30 par jour dans leur voiture pour faire le trajet entre leur lieu de résidence et leur travail. Selon une étude mondiale d’IBM sur la pénibilité des trajets quotidiens, dévoilée cette semaine, Montréal se retrouve ainsi au cinquième rang sur la liste des déplacements les moins pénibles.
Même si les déplacements dans la métropole ne sont pas particulièrement difficiles, plus du quart (27 %) des Montréalais disent être stressés au volant lorsqu’ils sont dans des bouchons de circulation. De plus, 23 % de ces automobilistes disent avoir fait demi-tour pour rentrer chez eux en raison de l’importance de la congestion sur les routes au cours des trois dernières années.
Daniel Bouchard, responsable des dossiers transport au Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal, et Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, ont tenu à relativiser les perceptions des automobilistes de la métropole.
«Il faut sortir de Montréal pour se rendre compte à quel point la ville n’est pas congestionnée», a indiqué M. Bergeron. «De la congestion, il y en aura toujours, a ajouté M. Bouchard. Ça va avec l’activité économique d’une ville. Il faut apprendre à vivre avec un certain niveau de congestion.»
L’étude d’IBM, qui avait aussi été menée aux États-Unis en 2008 et 2009, souligne que la circulation s’est aggravée au cours des trois dernières années. Une prévisible augmentation de la population et une plus grande mobilité de celle-ci laissent supposer que la congestion ne se résorbera pas dans les années à venir.
«Les solutions traditionnelles, comme construire plus de routes, ne suffiront pas à vaincre la croissance de la circulation, a expliqué Serge Proulx, porte-parole d’IBM. Il faut se tourner vers le transport collectif, mais aussi le transport intelligent.»
IBM, en collaboration avec l’université ontarienne McMaster, étudie donc la possibilité d’intégrer des données des capteurs et des microprocesseurs présents à l’intérieur des véhicules et sur les routes afin de déterminer comment ces systèmes pourraient transmettre des informations aux conducteurs.
Ces informations pourraient leur permettre d’emprunter d’autres routes afin de réduire leur tension nerveuse, les engorgements et les émissions de gaz d’échappement.
Richard Bergeron envisage, pour sa part, une solution beaucoup plus simple. «Je ne veux pas paraître cruel ou cynique, mais la congestion routière est la meilleure amie du transport collectif, a-t-il affirmé. La congestion force les gens à réfléchir et à revoir leurs préférences. Après ça, si les pouvoirs publics n’ont pas joué leur rôle et n’ont pas offert une alternative attrayante et efficace à l’automobile, on a un problème.»
Daniel Bouchard espère à cet effet que le gouvernement saura faire le choix du transport en commun.
Top 5 des villes où les déplacements sont les plus pénibles
1) Beijing, Chine
2) Mexico, Mexique
3) Johannesburg, Afrique du Sud
4) Moscou, Russie
5) New Delhi, Inde
Top 5 des villes où les déplacements sont les moins pénibles
5) Montréal, Canada
4) New York, États-Unis
3) Houston, Texas
2) Melbourne, Australie
1) Stockholm, Suède