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Mes excuses à Justin Bieber

Ça y est! Après toutes ces années, je suis maintenant étiqueté délinquant! Moi qui ai survécu au vol plané d’une table qui m’est passée à ça de la tête à un show d’Iggy Pop un soir au Spectrum en 1982, à une sanglante mêlée générale aux Foufounes ainsi qu’à moult soirées de la St-Jean complètement débiles, ce n’est que la semaine dernière qu’on ma finalement démasqué! Et on m’a sapré dehors du Centre Bell. Et pas pour n’importe quoi, oh que non.  J’ai payé pour mon inconduite… lors d’un spectacle de Justin Bieber!!!  Ouaip…

Commençons par régler une chose tout de suite :  c’est mon boss de la radio qui m’avait envoyé là.  Vous savez, moi, le petit Justin, pas vraiment ma tisane voyez-vous… Puisqu’il n’y avait pas de billets de presse, on a dû acheter une place. Quand j’y suis arrivé, une femme y était déjà assise.  «C’est parce que ma fille est juste là pis moi, mon billet est complètement en haut. Pis ça ne me tente pas de la laisser toute seule. Pourriez-vous…» Bien sûr. C’était bien plus leur soirée à elles qu’à moi, alors. Ce qui fait que j’étais pris pour me promener un peu partout, calepin en main, pour prendre tranquillement des notes.  

Ce que j’ai fait jusqu’au moment où est arrivé un p’tit boss des bécosses en fortrel du Centre Bell qui est venu me crier par la tête d’aller m’asseoir à mon banc. En prenant bien soin d’ajouter un «Monsieur» à la fin de sa phrase. C’est ce qu’on lui a enseigné à l’école des p’tits soldats de l’auguste aréna. Bon, je lui ai raconté l’histoire de la madame, puis patati et patata sauf que Ti-pit la police ne voulait rien entendre.  «Hey, on niaisera pas icitte à soir, assisez-vous».  Ah oui, c’est vrai, il a encore ajouté son «Monsieur» à la fin, il le faut quand on gueule après quelqu’un. C’est là que le ton a monté. Le mien. Comme vous, j’ai horreur de me faire crier dans les oreilles, avec ou sans le «Monsieur» d’usage. Je lui ai dit que je faisais ma job, que je passais à la radio le lendemain matin, que je ne dérangeais personne et que, promis-promis, je m’engageais à ne pas monter sur scène pour demander à Justin de me donner son autographe. Y’avait rien à faire, c’en était trop pour mon général. En un rien de temps, je me suis retrouvé entouré par quatre ou cinq autres gars de la sécurité. C’est vrai que les «forces» de l’endroit étaient fraîches, disponibles et en recherche d’intervention, peu de petites filles de huit ans ayant jusque-là affiché un comportement violent…

Ça fait qu’après avoir saisi mon billet dûment payé, c’était pour l’inclure dans son rapport d’événement qu’il disait, je me suis retrouvé sur le trottoir. Les mains dans les poches et le feu au… Après avoir bien sûr enregistré une plainte auprès des producteurs de la soirée (merci mesdames), j’ai reçu un appel d’excuses de la part de mon adjudant préféré dans l’heure qui a suivi. On ne le nommera pas mais merci Mario de m’avoir lâché un coup de fil, ça m’a fait un bien énorme. Bon, c’est sûr que de savoir que je travaillais sur l’émission de Paul Arcand a dû l’aider à composer mon numéro mais je vais accepter ses regrets au nom de ceux et celles qui se font servir la même cuisine mais qui ne travaillent pas à la radio et qui, conséquemment, ne reçoivent jamais de salutations aussi distinguées dans le genre. Pauvre Mario, il est plutôt à plaindre. Il avait succombé une fois de plus à une nouvelle attaque de ce mal que les anglais appellent «power-trip».  

Il n’est pas le premier à en souffrir au Centre Bell. Vous devriez lire les témoignages que j’ai reçus dans ma boîte de courriel après avoir raconté mon expérience surnaturelle en ondes. Lâchez pas les boys, les histoires sont bonnes.  C’est dans la continuité des choses. Avant, dans le temps du Forum, c’était pareil, parfois même pire.

Je me souviens justement des placiers qui «vendaient» des sièges inoccupés par les détenteurs de billets de saison après la première période. Ça allait de 5$ à 20$. Et non, pour votre information, les gars ne nous donnaient pas de reçus.  Ah tiens, tant qu’à y être, je me rappelle aussi des gardiens déguisés en fausses polices aux abords du banc des joueurs qui bousculaient sans merci des petits gars de 6-7 ans qui voulaient juste voir passer leurs favoris de plus près. Ben quoi, ça prend bien des êtres probes pour assurer notre sécurité, non?

Donc, tenez-vous le pour dit, la prochaine fois que vous irez au centre Bell: on marche les oreilles molles et les fesses serrées. Faut pas faire de peine à «Monsieur». Il étouffe sous la pression le pauvre homme.

P.S.  Mario, puisqu’à ton niveau, tu dois avoir les meilleurs contacts, pourrais-tu appeler Justin Bieber de ma part. Je voudrais m’excuser d’avoir été aussi turbulent. Je ne le ferai plus jamais, promis…

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