«La révolution verte» de Rosemont-La Petite-Patrie
L’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie compte modifier son règlement d’urbanisme afin de forcer les promoteurs et les propriétaires d’immeubles à faire des choix verts lorsque vient le temps de construire ou de rénover. «Ce qui manque cruellement dans notre environnement urbain, ce sont ces lieux verts de qualité qui favorisent une santé publique plus intéressante», a indiqué jeudi le maire de l’arrondissement, François W. Croteau, qui n’a pas hésité à parler de «révolution verte». Ce dernier veut lutter contre les îlots de chaleur et faire en sorte que les ménages choisissent de demeurer à Montréal.
Jeudu, un avis de motion a été déposé lors d’une séance spéciale du conseil d’arrondissement afin de modifier le règlement d’urbanisme. Selon cet avis, davantage d’arbres et d’arbustes seront plantés dans Rosemont-La Petite-Patrie. Au moins 20% de la superficie des terrains sur lesquels seront construits de nouveaux bâtiments devra être végétalisée. Plus de 15% de la surface des nouveaux stationnements devra être paysagée.
Par ailleurs, les immeubles de huit logements et plus devront être dotés de stationnements intérieurs. Pour les autres, les stationnements pourront être aménagés à l’extérieur, mais ils devront être «perméables et réfléchissants» (par exemple, avec des dalles alvéolées). L’arrondissement veut aussi augmenter le nombre d’espaces de stationnement réservés aux vélos.
Aussi, les toits blancs deviendront la norme dans Rosemont-La Petite-Patrie, ce qui serait une première au Canada. Les nouvelles constructions devront absolument être couvertes de ce genre de toiture, qui n’emmagasine pas la chaleur, alors que les bâtiments existants devront en avoir une lorsqu’ils seront rénovés. «D’ici 20 ans, l’ensemble des toitures de l’arrondissement seront blanches», a estimé M. Croteau.
Cette obligation d’aménager des toits verts risque d’entraîner une levée de bouclier de la part des citoyens, selon le conseiller de ville du district d’Étienne-Desmarteau et élu de Projet Montréal, Marc-André Gadoury. «En conseil d’arrondissement, on a déjà vu des citoyens se heurter à la position du maire», a-t-il rapporté.
M. Gadoury a déploré l’absence de consultation publique avant l’annonce des modifications au règlement d’urbanisme. Celles-ci seront présentées lors d’une séance d’information, qui aura lieu le 1er décembre au bureau d’arrondissement. Elles seront adoptées en janvier sinon en mars pour celles qui doivent être soumises à un référendum.