Voitures de métro: pas de crise à l'horizon, mais…
La Société de transport de Montréal (STM) croit fermement que ses voitures de métro MR63, qui roulent depuis 1966, tiendront le coup jusqu’en 2014, année où les nouvelles voitures seront graduellement mises en service. Après cela, ça sera à voir. «À court terme, on ne voit pas de crise, mais on ne sait jamais. Dans deux ou trois ans, on verra», affirme prudemment le directeur principal du métro à la STM, Dominique Lemay, rencontré lundi dans l’atelier Youville.
Près de 500 personnes travaillent jour et nuit pour faire en sorte que les MR63 puissent circuler dans le réseau de métro. Un programme d’entretien a été mis en place afin de prévenir les bris. «On n’attend pas qu’une pièce pose problème, on prévient le problème en changeant la pièce ou en la réusinant», explique le chef de l’entretien du matériel roulant, Martin Lemieux.
Chaque arrêt de service provoqué par la défectuosité du matériel roulant est colligé dans une banque de données. Une équipe d’ingénieurs tente ensuite de trouver les causes de la défectuosité. Si les ingénieurs constatent que plusieurs voitures présentent la même défectuosité, ils suggèrent de modifier le programme d’entretien.
La disponibilité des pièces à remplacer pose toutefois problème à la STM, puis-qu’elles datent des années 1960. Dans le pire des cas, une équipe de techniciens et d’ingénieurs conçoivent les pièces. Sinon, lorsque la STM change des composantes des voitures MR73, les pièces sont mises de côté pour les MR63.
Vers les nouvelles voitures MPM-10
Dès 2012, les ateliers de réparation de la STM seront complètement réorganisés pour l’arrivée des nouvelles voitures de métro. Coût de l’opération : environ 150 M$. «Les voitures actuelles nécessitent un mètre et demi d’espace de chaque côté pour les réparations et l’entretien alors que les nouvelles nécessiteront 3 mètres d’espace de chaque côté», rapporte le directeur principal du métro de la STM, Dominique Lemay.
C’est que le travail des techniciens et des ingénieurs sera complètement différent. Plutôt que de réparer une pièce à même la voiture de métro, ils auront simplement à tirer un genre de tiroir de la voiture contenant la pièce qui fait défaut pour le remplacer par un autre tiroir en bon état. La voiture pourra ensuite retourner dans les tunnels. «Les trains seront immobilisés moins longtemps», a indiqué M. Lemay.
D’ici l’arrivée des nouvelles voitures, la STM devra aussi composer avec le vieillissement de ses voitures MR63 qui demanderont plus d’attention et la hausse de l’achalandage. «C’est tout un défi, dit Dominique Lemay. Il faut s’assurer qu’on passe à travers cette période».
L’entretien selon le kilométrage
- 9 000 km : Après avoir parcouru 9 000 km (ce qui prend de 4 à 6 semaines), les voitures de métro font un arrêt à l’atelier. Elles subissent alors un entretien en profondeur. «Cet examen touche tout ce qui est lié à l’usure normale», explique le chef de l’entretien du métro, Martin Lemieux.
- 275 000 km : En moyenne, les voitures MR-63 parcourent 275 000 km avant de tomber en panne (arrêts de service de 5 minutes et plus), contre 500 000 km pour les MR-73.
- 400 000 km : Les voitures sont carrément démontées tous les 4 ans, ce qui correspond à environ 400 000 km. Chaque pièce est vérifiée et la voiture est ensuite remontée.