Des journalistes s'unissent pour demander la fin du lock-out au Journal de Montréal
Après 640 jours d’un lock-out qui ne semble pas près de se régler, une coalition de quelque 3 800 professionnels de l’information a demandé au président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, de forcer Quebecor à négocier afin de trouver une issue au conflit de travail au Journal de Montréal.
La Caisse de dépôt et placement (CDP) détient 45 % des actions de Quebecor Media, propriétaire du Journal de Montréal. Selon la coalition, lancée ce matin, le silence de la CDP en fait un «complice du plus long conflit médiatique de l’histoire du Canada». Elle a du coup réclamé une intervention rapide de Michael Sabia.
«Visiblement, Pierre Karl Péladeau a de la difficulté à régler ses conflits de travail, a déclaré l’un des porte-parole de la coalition et président du Syndicat de la rédaction du Devoir, Alec Castonguay. Ça fait bientôt 22 mois qu’il y a un conflit au Journal de Montréal. La Caisse de dépôt ne peut pas être un actionnaire passif à ce point-là. Quand tu possèdes la moitié d’une entreprise qui est en lock-out pendant près de deux ans, il faut savoir taper sur l’épaule de la personne qui dirige et lui dire (…) qu’il est temps de régler le problème.»
Le porte-parole de la CDP, Maxime Chagnon, a confirmé que M. Sabia rencontrerait certains membres de la coalition demain ou après-demain.
La coalition, qui regroupe une quinzaine de syndicats, a également réclamé une modernisation du Code du travail. Les signataires de la déclaration commune ont rappelé que «le Code du travail n’est plus adapté aux nouvelles technologies qui permettent de travailler à distance. La loi anti-briseurs de grève n’a donc plus le mordant nécessaire pour créer un véritable rapport de forces entre une entreprise et ses syndiqués».
Le ministère du Travail a accepté «d’étudier la possibilité de moderniser le Code du travail» à la suite d’une motion déposée par le député Amir Khadir. «Mais une telle modernisation ne se fait pas rapidement, a précisé Harold Fortin, l’attaché de presse de la ministre Lise Thériault. Et surtout, elle ne se fait pas dans l’objectif de régler un conflit de travail.»
Le gouvernement du Québec a aussi été invité à se pencher sur la concentration de la presse par l’entremise d’une commission parlementaire. La coalition de journalistes a indiqué que «si Quebecor peut faire durer ce lock-out, c’est avant tout parce qu’il a entre les mains plusieurs médias convergents qui décuplent sa mainmise sur l’information au Québec».
Les signataires
– Le Syndicat des communications de Radio-Canada
– La Guilde canadienne des médias, unité locale de La Presse canadienne à Montréal
– L’Association des journalistes indépendants du Québec
– Le Syndicat des employés de TVA
– Le Syndicat de la rédaction du journal Le Devoir
– Le Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse
– Le Syndicat de la rédaction du Soleil
– L’équipe de rédaction du magazine Urbania
– Les travailleurs de l’information du journal Les Affaires
– Le Syndicat des communications du Progrès du Saguenay
– Le Syndicat des travailleurs de l’information du Droit
– Le Syndicat national des employés de La Voix de l’Est
– Le Syndicat de l’information du Nouvelliste
– La Guilde des employés de journaux de Montréal/ The Gazette
– Le Syndicat général de la radio représentant les employés de Corus
– Le Syndicat de l’imprimerie de Sherbrooke/La Tribune