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Des sans-abri pas comme les autres

S’il est déjà ardu d’obtenir une place dans les centres d’hébergement de Montréal, la situation est encore pire pour les travestis. Action santé travesti(e)s et transsexuel(les) du Québec (ASTTQ) organisait samedi soir une collecte de fonds au Café Cléopâtre pour sensibiliser les gens à la discrimination envers les transgenres et transsexuels sans-abri. «Certains centres nous refusent tout simplement, indique la coordonnatrice d’ASTTQ, Nora Butler Burke. Ce n’est pas écrit dans leur politique d’admission, mais je le constate au quotidien dans mon travail.» 

Sans protocole établi, la décision revient aux employés, souvent mal à l’aise, qui doivent se décider rapidement. Certaines maisons d’accueil gardent aussi en mémoire des évènements fâcheux qui se sont produits récemment. «Des hommes s’étaient déguisés en femmes juste pour entrer dans des centres pour femmes, rappelle la fondatrice de l’Association des transsexuels et transsexuelles du Québec, Marie-Marcelle Godbout. Depuis, certains centres craignent que cela se produise de nouveau, et les trans en souffrent.»

Les risques de se retrouver à la rue sont plus grands pour les transgenres et les transsexuels que pour le reste de la société. «Il y a un véritable problème d’insertion sociale, explique la titulaire de la Chaire de recherche sur le VIH/sida et la santé sexuelle de l’Université Concordia, Viviane Namaste. La discrimination au travail rend l’accès à un emploi difficile. Payer son loyer devient compliqué.»

L’absence de suivi au moment de la sortie de prison des personnes trans ayant eu des problèmes avec la justice est également un facteur aggravant. «Les maisons spécialisées pour femmes les refusent souvent. Elles se retrouvent alors sans ressources», ajoute Mme Namaste. Le dernier recours de l’ASTTQ pour reloger ses sans-abri reste la location de chambres de motel. Les fonds recueillis à l’occasion de leur spectacle-bénéfice servira d’ailleurs à cela. «Nous voulions sensibiliser les gens et, grâce au travail de nos artistes, nous avons récolté plus de 1 500 $. Mais ce n’est qu’une solution ponctuelle», a dit Mme Burkes.

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