Les sages-femmes excédées de «travailler à rabais»
Les sages-femmes augmentent la pression sur le gouvernement et demandent une valorisation de leurs revenus.
«Ça fait dix ans qu’on travaille à rabais, il est temps que le gouvernement nous entende», déclare Claudia Faille, présidente du Regroupement des sages-femmes du Québec (RSFQ), qui a présenté mardi, une vidéo d’appui destinée à sensibiliser la population. Chaque clic sur le site du regroupement enverra une lettre au ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert.
Après quatre ans de formation, les 150 sages-femmes du Québec gagnent en début de carrière entre 48 000$ et 50 000$. Un salaire non-négligeable, mais qui ne se compare pas avantageusement aux salaires des autres professionnels de la santé, quand on y ajoute les primes.
«Même si notre taux horaire (environ 28$/h) est plus élevé que celui d’un préposé aux bénéficiaires, après les primes, nos revenus sont moindres», indique Mme Faille.
Dans le cadre des négociations avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, le RFSQ demande notamment une valorisation des primes de garde pour que ces dernières passent de 1$/h à 3,72$/h.
Les sages-femmes, qui suivent environ 40 femmes enceintes par an, doivent être disponibles 24 heures sur 24. Cette prime représente actuellement une bonification de 3 900$ anuellement, mais selon le RSFQ c’est beaucoup moins que ce que touchent les autres professionnels de la santé.
Le ministère invoque des raisons budgétaires pour ne pas accéder aux demandes des sages-femmes. Selon le ministre Réjean Hébert, les différentes demandes du RSFQ représentent une hausse de salaire de plus de 50%, ce que conteste le RSFQ, qui a demandé sans succès le détail du calcul lié à cette affirmation.
Jusqu’ici, les négociations avec le ministère de la Santé n’ont pas abouti, malgré plusieurs rencontres. Le blitz de négociations promis par le ministère a même été repoussé. L’entente actuelle est échue depuis 2010. Elle avait été imposée par décret gouvernemental en 2005, comme à tous les employés travaillant dans le domaine de la santé.
Voir la vidéo, c’est ici.