Soutenez

Là, c'est même plus drôle

Ces jours-ci, ya une phrase qui me pourchasse. Elle est de Pat Burns du temps où il colorait merveilleusement bien les entractes du hockey à la télé. Un soir, exaspéré par le comportement du public pendant un match, il avait lâché un fort éloquent : «Heille, les nerfs! C’t’un jeu c’t’affaire-là!» Homme de sagesse, va…

Habituellement, rendu à la fin septembre, j’ai toujours hâte que la saison de hockey commence. Mais là, je ne sais pas ce qui se passe avec les malades qui semblent de plus en plus nombreux au Centre Bell, j’en ai déjà plein mon casse.

Moi, il m’énerve, le concert des hystériques qui s’acharnent sur un gardien qui accorde une couple de buts… dans un match qui ne compte même pas au classement. C’est pareil quand on accueille ceux qui ont été échangés (comme Latendresse) comme des scélérats. Ou pire, quand on hue à pleins poumons ceux qui ont commis l’impair d’aller gagner leur vie ailleurs (comme Streit et Kovalev) parce que la direction n’a pas voulu les retenir ici. Pas mêlant, on dirait que le fan moyen est devenu un spécimen heavy et surtout, dépourvu de tout bon sens. Si au moins ça s’arrêtait au sport comme tel, on pourrait cerner la tare. Mais non, ça a l’air que tout ce qui touche de près ou de loin au hockey est désormais susceptible de passer au moulin à viande.

Quand je lis et j’entends tout ce qui se raconte à propos du travail de Benoît Brunet en tant qu’analyste à RDS, ça me scie en deux tant c’est démesuré. Et complètement injuste par-dessus le marché. Faudrait peut-être réécouter les interventions de ses prédécesseurs pour comprendre que ça n’était pas toujours mieux, loin de là. En plus, avec toute la hargne qu’on y met, on dépasse, et de loin, la simple appréciation de ses connaissances. On tombe dans le personnel et on semble oublier qu’au bout du compte, ya un gars qui se fait écÅ“urer parce qu’il ose gagner sa vie en faisant l’analyse d’un sport qui rend le monde fou. Vous et moi dans nos jobs, on n’endurerait jamais ça. J-a-m-a-i-s.

Une chance qu’il est loin le temps où le monde allait se défouler aux arènes en regardant des chrétiens se faire dévorer par des lions. C’était tellement cruel…

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.