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Retour au travail des journalistes du Journal de Montréal

Après avoir passé plus de deux ans sur le trottoir, c’est cette semaine que les employés de la salle de rédaction du Journal de Montréal intègrent les nouveaux locaux du quotidien, propriété de Quebecor, dans le Vieux-Montréal. Le retour au travail devrait se faire progressivement, par petits groupes, au cours des prochains jours. Lundi, les journalistes doivent prendre possession de leurs bureaux.

Sur les 42 postes finalement sauvés de la coupe dans la salle de rédaction, seuls 23 ont été comblés par des syndiqués du Journal de Montréal. «Je m’attendais à mieux que ça, a concédé le président du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM), Raynald Leblanc. D’autant plus qu’on avait négocié à la hausse le nombre de postes sauvés. Mais plusieurs personnes ont profité du pont à la retraite qu’on a négocié pour partir ou se sont trouvés un emploi ailleurs.»

Le site web Rue Frontenac et l’hebdomadaire qu’il a généré aurait aussi joué un rôle dans le refus des syndiqués de réintégrer le Journal de Montréal. «Plusieurs personnes croient beaucoup à Rue Frontenac», a confirmé M. Leblanc.

Pour les 23 travailleurs qui prendront le chemin du Journal de Montréal, la semaine s’annonce fertile en émotions. De l’aide psychologique a d’ailleurs été prévue. Le retour au travail des employés de bureau s’étant fait la semaine dernière, les artisans de la salle de rédaction peuvent toutefois se rassurer. «Le retour au travail des employés de bureau s’est bien passé, a indiqué Raynald Leblanc. Les cadres qui étaient là ont été très chaleureux. Je pense que cette semaine aussi, ça va bien se dérouler.»

Pour les travailleurs qui continueront d’Å“uvrer à Rue Frontenac, c’est le début d’une nouvelle aventure, loin de Quebecor. Ces artisans ont, en effet, choisi de refuser l’aide offerte par Quebecor au terme du conflit et de voler de leurs propres ailes. «L’aide de Quebecor ne faisait pas l’unanimité, a expliqué Raynald Leblanc. D’un côté, les gens se disaient qu’être associés à Quebecor pouvait aider à convaincre les annonceurs de choisir Rue Frontenac, mais de l’autre, plusieurs se disaient qu’il était illogique de s’associer à un employeur qui les avait gardés dehors pendant deux ans.»

Certaines restrictions conditionnelles à l’aide de Quebecor auraient aussi refroidi les employés de Rue Frontenac. L’empire, dirigé par Pierre Karl Péladeau, aurait notamment exigé que Rue Frontenac ne devienne pas un quotidien avant quelques années et qu’il ne puisse être vendu dans l’intervalle.

Raynald Leblanc se retire
Raynald Leblanc fait partie des nombreux employés du Journal de Montréal qui ne réintègreront pas le quotidien. «Je ne retourne pas parce que ça ne me tente pas, a-t-il affirmé. Je suis très fatigué. J’ai vécu un deux ans assez rock ‘n roll, je n’aurais pas été capable de rentrer au travail [lundi].»

M. Leblanc, qui sera remplacé à la tête du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal au terme d’une élection qui devrait se tenir le 30 avril, n’a pas encore arrêté son choix sur ce qui l’occupera. «Je vais commencer par me reposer et je prendrai une décision après, a-t-il indiqué. Si je décidais aujourd’hui [de mon avenir], ça ne serait pas une décision éclairée.» M. Leblanc est cependant déjà convaincu d’une chose: il ne lira pas le Journal de Montréal.

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