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Des hommes de principes

Je n’oublierai jamais la dernière fois où j’ai vu Gérald Godin. C’était au Jean-Coutu sur Mont-Royal, au coin de Berri. Horriblement affecté par un cancer au cerveau. Malgré la chaleur du nouveau printemps, il portait son éternel combo veston-cravate, en plus d’un épais paletot qu’il avait boutonné tout haut… en omettant d’enfiler la manche gauche.

Il avait été remettre sa prescription au comptoir, et la préposée l’avait gentiment invité à s’asseoir. C’était manifeste, on l’aimait beaucoup à la pharmacie. En attendant, il avait fait des coucous avec un p’tit gars qui était là avec sa mère. Le petit rigolait, et Gérald Godin, emmuré dans sa maudite maladie, avait l’air de jouir d’un rare moment de légèreté. Après quelques minutes, la mère et le petit avaient pris leur pot de pilules et avaient quitté. Monsieur Godin s’était levé et les avait suivis. Quand on l’a appelé pour lui remettre ses médicaments, il n’était déjà plus là. Il n’était pas parti. Il avait tout simplement oublié de rester.

Souvent, je repense à cette scène-là. C’est peut-être pour me faire croire qu’au fond, Gérald Godin n’est jamais vraiment parti. 

Ces jours-ci, il y a un bien bon documentaire sur Monsieur Godin qui est présenté au Cinéma Beaubien. Allez-y donc. Pour ne pas l’oublier…

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Tant qu’à passer par le Beaubien, tapez-vous donc un programme double avec J’m’en va r’viendre, un «road-documentaire» mettant en vedette le chanteur Stephen Faulkner. Un très beau travail de la réalisatrice Sarah Fortin qui nous dresse un portrait à la fois cru et touchant de cet attachant cowboy urbain fort têtu qui a développé une expertise rare dans l’autosabotage de carrière. Un homme qu’on aime malgré tout inconditionnellement.

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«Une coalition de broche-à-foin», qu’a déclaré Stephen Harper. Gilles Duceppe lui a répondu de se la fermer, qu’il avait, preuve à l’appui, déjà essayé de faire la même chose avec lui en 2004. De cette histoire, on retiendra deux points. De un, qu’Harper n’a effectivement pas un mot à dire sur la coalition des autres. Et de deux, que Duceppe et Jack Layton semblent décidément toujours prêts à pactiser avec n’importe qui, n’importe quand. Du bien beau monde…

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Martin Girard, le scénariste du très mauvais thriller québécois Angle mort, est «sorti public» pour dénoncer les tristes modifications apportées à son ouvre à son insu. Question du jour : quand l’État accorde du financement à un projet X, comment se fait-il qu’on ne réévalue pas ce financement quand le projet X devient Y?

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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