Ignatieff courtise les Québécois
La clé des élections du 2 mai serait-elle le Québec? Michael Ignatieff, qui lançait sa campagne électorale à Montréal, lundi, semblait le croire. Le chef du Parti libéral du Canada (PLC) a appelé les Québécois à faire plus que bloquer la voie de la majorité aux conservateurs. «Si les Québécois votent pour le Bloc, on aura plus d’années avec Stephen Harper, a-t-il insisté. S’ils veulent autre chose, ils doivent voter pour nous. Les Québécois ont la chance de changer les choses, cette fois.»
Cette dernière phrase a été reprise pratiquement mot pour mot dans une publicité libérale, lancée en matinée dans la Belle Province. Lors des dernières élections, les libéraux de Stéphane Dion étaient parvenus à faire élire 14 députés québécois sur une possibilité de 75. Michael Ignatieff voudra certainement faire mieux et semblait prêt, lundi, à déployer beaucoup d’énergie, particulièrement à Montréal, pour s’assurer d’un résultat honorable.
C’est ainsi qu’il s’est engagé à travailler avec le maire de Montréal, Gérald Tremblay, afin de développer le transport en commun à Montréal. Il a aussi promis de reconstruire le pont Champlain. «En 72 heures, les dépenses liées au G8 et au G20 ont dépassé ce qu’il nous faut pour construire un nouveau pont Champlain, a-t-il lancé. Ces chiffres devraient faire sursauter les Québécois.»
Le chef du PLC a aussi vanté les vertus du «fédéralisme de respect», que les libéraux entendent mettre de l’avant. «Le respect passe non seulement par le respect des juridictions, mais aussi par le respect de l’autre, a indiqué Michael Ignatieff. Le Québec et le Canada ont des problèmes communs qu’il faut résoudre en commun.»
M. Ignatieff a d’ailleurs assuré qu’il travaillerait de paire avec ses homologues du NPD, Jack Layton, et du Bloc québécois, Gilles Duceppe, au terme de la campagne électorale. Il a toutefois réitéré qu’il n’était aucunement question de coalition, malgré les affirmations contraires des conservateurs. «J’ai clairement exclu la possibilité de former une coalition avec le NPD et le Bloc, a-t-il répété. La seule personne qui a encore un problème avec la coalition, c’est Stephen Harper parce que lui, doit expliquer ce qu’il faisait, en 2004, dans une chambre d’hôtel avec Gilles [Duceppe] et Jack [Layton].»
Michael Ignatieff faisait alors référence à une lettre présentée samedi par le chef du Bloc québécois qui démontre que Stephen Harper s’était montré disposé, en 2004, à collaborer avec le Bloc et le NPD en cas de chute du gouvernement de Paul Martin.