Centre 7 400: une coalition veut un moratoire
Le projet de conversion de l’ancien Institut des Sourds-Muets en condos de luxe déplaît grandement aux groupes communautaires actifs dans l’arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc Extension. Regroupés au sein de la Coalition des amis du 7400 Saint-Laurent, ils ont demandé à la Ville de Montréal d’adopter un moratoire de deux ans sur la transformation du bâtiment institutionnel en un édifice résidentiel.
La Coalition souhaite obtenir plus de temps pour discuter avec la Ville de l’avenir de l’ancien institut, devenu le Centre 7400, et des organismes qu’il abrite, mais surtout de l’intégration de logements sociaux dans le projet de conversion de l’édifice.
Pour le moment, le promoteur, le Groupe Thibault, Messier, Savard et associés/ Développements McGill, s’est engagé à inclure 15 % de logements abordables dans son projet, qui doit compter 302 condos. Aucune unité de logement social n’est cependant prévue. Le promoteur entend plutôt verser une compensation de 300 000 $ à la Ville pour permettre la construction ultérieure de logements sociaux dans le quartier.
«Nous comprenons mal que la Ville se mette au service d’un promoteur immobilier, a déclaré le porte-parole de la Coalition des amis du 7400 Saint-Laurent, Andres Fontecilla. C’est comme si la Ville venait de donner aux promoteurs un manuel d’instructions pour leur dire comment éviter d’inclure du logement social dans leurs projets.»
Selon M. Fontecilla, le Groupe Thibault, Messier, Savard et associés/Développements McGill a évalué que l’inclusion de logements sociaux dans son projet ne serait pas rentable. «Mais la preuve n’a jamais été faite, a-t-il affirmé. Et là, on nous offre 300 000 $ pour un autre projet en logement social. C’est une insulte.»
L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) a souligné, dans son rapport rendu public la semaine dernière, que «la compensation accordée par le promoteur pour la construction de logement social hors site est jugée presque unanimement insuffisante, voire dérisoire». «La commission recommande que soit bonifiée la compensation monétaire convenue», a écrit l’OCPM.
La Ville a indiqué être «consciente de la recommandation de l’OCPM». Le porte-parole de la Ville, François Goneau, a précisé que des échanges avaient eu lieu avec le promoteur. Ce dernier se serait montré ouvert à bonifier le montant offert en guise de compensation. Le dossier du 7400 Saint-Laurent n’a pas encore fait l’objet d’une décision et sera à l’ordre du jour du conseil municipal le18 avril.