Canicule: la DSP croit pouvoir faire mieux
L’été dernier, lors de l’épisode caniculaire, 106 Montréalais sont morts «possiblement ou probablement» à cause de la chaleur. La Direction de santé publique (DSP) de Montréal croit qu’il y a place à l’amélioration. «On peut faire mieux et beaucoup mieux», a affirmé mercredi le directeur de la santé publique à Montréal, le Dr Richard Lessard.
«Aucun programme d’intervention ne peut être efficace à 100%», a toutefois ajouté le Dr Lessard. Il a insisté sur le fait que le réseau de la santé peut jouer un rôle pour sauver des vies pendant les canicules mais que l’entourage des personnes vulnérables doit aussi faire sa part.
Dans un rapport d’enquête demandé par le coroner Paul G. Dionne, l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal (ASSM) indique que les personnes ayant des problèmes cardiovasculaires ou de santé mentale sont les plus vulnérables pendant les périodes de chaleur intense.
Pour arriver à cette conclusion, la responsable médicale au Bureau des mesures d’urgence, la Dre Lucie-Andrée Roy, a épluché les 346 dossiers médicaux des personnes mortes pendant la canicule de l’été dernier. Sur les 106 personnes qui auraient succombé à cause de la chaleur intense, 93 ont trépassé dans la communauté, loin des hôpitaux. Plusieurs d’entres elles ont d’ailleurs été contactées par un proche ou un professionnel de la santé dans les jours précédant leur décès, comme le plan de la DSP le demandait.
Dans son rapport, Mme Roy recommande entre autres que les campagnes d’information organisées pendant les canicules continuent de s’adresser au grand public mais qu’elles ciblent aussi de façon particulière les personnes vulnérables. Elle demande également aux ambulanciers d’Urgence-santé et au personnel médical des établissements de santé de signaler les excès de décès rapidement pour que la DSP puisse réagir.
Plutôt que d’avoir recours aux autobus de la Société de transport de Montréal, les taxis et les minibus seront utilisés pour emmener les personnes vulnérables vers des haltes climatisés.
«On fera aussi un appel à la vigilance des médecins pour leur rappeler les principales vulnérabilités, a fait savoir la Dre Lucie-Andrée Roy. On pense que des médecins passent à côté des facteurs de chaleur ou ils n’y donnent pas assez d’importance».
Mme Roy a assuré que le budget dédié aux mesures exceptionnelles de l’ASSM permettra d’offrir davantage de services pendant les périodes de canicule.