Plomb dans l'eau potable: les enfants montréalais ne sont pas en danger
Une étude épidémiologique sur les sources d’exposition au plomb en milieu résidentiel auprès des enfants âgés de 1 à 5 ans montre que les petits Montréalais ne sont pas en danger.
«La présence de plomb relevée chez les enfants est bien au-dessous de la norme actuelle, c’est une bonne nouvelle», confirme Michèle Prévost, chercheure principale de l’étude réalisée avec le soutien du Réseau canadien de l’eau (RCE).
Le plomb affecte particulièrement les plus jeunes. «Les enfants, avant six ans, absorbent beaucoup plus le plomb. Ce sont des éponges à plomb, explique la chercheure. Le plomb est un composé neuro-toxique qui a un effet négatif sur le développement neurologique des enfants.»
Le plomb est un contaminant qui provient des conduites de plombs ou des éléments de conduite. Il n’est pas présent dans l’eau à sa source.
Les normes sur le plomb dans l’eau ont été fixées par le ministère de l’Environnement du Québec. La concentration maximale de plomb dans l’eau doit être de 10 microgrammes par litre (10 µg/L). Les niveaux de plombémie sont influencés par l’eau potable, la peinture et la poussière.
Quelle solution pour pallier ce problème? «Enlever ces conduites! s’exclame Mme Provost. La Ville de Montréal a mis en place un programme de remplacement des entrées de service en plomb sur 20 ans.» Montréal serait même une ville modèle d’après la chercheure, la seule qui a évalué la présence de plomb dans l’eau. «Il faut maintenant que d’autres villes québécoises fassent la même étude», affirme-t-elle.
Cependant, la Ville n’est pas pour autant épargnée. «Ce qu’il faut surveiller à Montréal, ce sont les maisons d’après-guerre construites avant 1970, indique Michèle Prévost, la conduite qui relie le domicile à la rue est souvent longue et plus concentrée en plomb. La probabilité de présence de plomb y est donc plus élevée.» Depuis 2006, les maisons concernées ont d’ailleurs été informées qu’il est déconseillé aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 6 ans de boire cette eau.
Des fonds additionnels de Santé Canada et du ministère de la Santé du Québec ont permis de compléter cette étude du RCE portant sur 305 enfants à Montréal entre 2009 et 2011.
L’École Polytechnique de Montréal et la Chaire CRSNG en eau potable accueillent mercredi et jeudi un symposium sur le suivi et contrôle du plomb dans l’eau potable et ses effets sur la santé des enfants. Des experts internationaux y présentent des résultats récents de recherches montrant les effets du plomb sur la santé des jeunes enfants, les concentrations de plomb dans l’eau potable et les solutions de contrôle appliquées par les municipalités.