Mandat de moyens de pression chez Couche-Tard
Les 13 salariés du premier magasin Couche-Tard à s’être syndiqué ont annoncé aujourd’hui «s’être dotés d’un mandat de moyens de pression, excluant la grève, pour la suite de la négociation de leur toute première convention collective».
Les salariés du magasin situé au coin des rues Jean-Talon et Iberville se sont syndiqués en février. Ils négocient actuellement leur première convention collective. Si Couche-Tard a accepté d’ouvrir les livres du magasin afin qu’ils soient vérifiés par une firme externe, l’entreprise prétend qu’elle ne peut se permettre d’accorder des augmentations salariales.
Mais du côté de la CSN auquel le nouveau syndicat est affilié, on n’est pas dupe. Chacune des succursales achète ses produits à l’entrepôt de Laval. Selon le syndicat, ce dernier négocie des prix avantageux et revend les produits à prix fort aux succursales qui ne dégagent ainsi que de faibles marges bénéficiaires. Donc s’il est vrai que les magasins dégagent peu de bénéfices, ce n’est pas le cas de la maison-mère.
«Ce modèle est courant dans le milieu de l’alimentation, indique Serge Fournier, président de la Fédération du commerce de la CSN. Cependant, nous trouverions indécent qu’Alimentation Couche-Tard continue de geler les salaires de ses employés alors même que le pdg, Alain Bouchard, voit le sien augmenter de 58% pour s’établir à 3,3M$ par année.»
Si les négociations se sont déroulées dans un bon état d’esprit jusqu’ici, les prétentions salariales des employés pourraient gripper la machine. L’entreprise a gelé les salaires de ses employés depuis plusieurs années, alors qu’elle réalise des bénéfices de plus de 300 M$ par an depuis deux ans.
Les négociations se poursuivront à l’automne.