Montréal
01:54 17 juillet 2011 | mise à jour le: 17 juillet 2011 à 01:54 temps de lecture: 3 minutes

Vers une première rue partagée à Montréal?

Bien implantées aux Pays-Bas, les rues partagées pourraient faire une première percée à Montréal sur la rue Saint-Viateur.

Le regroupement ruepublique, autrefois connu sous le nom Mile-End sans voiture, a lancé l’idée, l’année dernière, après avoir constaté que la piétonnisation pure et simple de la rue Saint-Viateur n’était peut-être pas «le meilleur modèle» à suivre.

Le concept de rues partagées, qui a fait son entrée en Amérique du Nord à Portland et en Caroline du Nord, laisse la voie ouverte aux voitures. Elles doivent cependant circuler à basse vitesse (environ 15 km/h) puisqu’elles côtoient de près les piétons et les cyclistes, qui peuvent aussi se déplacer au centre de la rue. Les rues partagées impliquent un niveau d’attention élevé, mais permettent un meilleur partage de l’espace et des aménagements plus conviviaux.

Pour l’heure, le projet mis de l’avant par ruepublique n’en est encore qu’à ses premiers balbutiements. Depuis l’été dernier, quatre Journées des bons voisins ont été organisées par le regroupement afin d’inciter les résidants du Mile-End à réfléchir à leurs habitudes de vie et à la place qu’ils accordent à la voiture. Une cinquième journée est prévue le 30 juillet.

«Nous voulons faire interagir les gens et essayer d’obtenir un consensus sur un projet. Notre souhait, c’est que les gens soient fiers des changements qui seront apportés, a indiqué le cofondateur de ruepublique, Mathieu Vick. Nous proposons une rue partagée, mais ce n’est pas une finalité. On accepterait aussi tout changement durable qui aurait un impact positif et que les gens adopteraient.»

Mathieu Vick, un astro-physicien de formation, commence à saisir toutes les difficultés qui attendent ceux qui souhaitent initier des changements de comportement.

«Le projet de rue partagée est bien accueilli, mais plusieurs personnes considèrent que la rue Saint-Viateur va bien et que le statu quo est préférable, a-t-il noté. En général, les gens préfèrent le statu quo parce qu’ils ont peur du changement. Notre groupe veut leur faire voir que le changement peut être positif, d’autant plus que notre modèle actuel ne fonctionne pas très bien et laisse entrevoir d’importants problèmes, notamment en terme de pollution et de ressources.»

Montréal n’est pas la seule ville québécoise à lorgner du côté des rues partagées. Un projet est en effet dans les cartons de la Ville de Québec, qui devrait transformer la rue Sainte-Claire, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, en une rue partagée d’ici l’année prochaine.