Logements sociaux: le FRAPRU part en tournée
Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) part en tournée. Au cours de la semaine prochaine, l’organisme de défense des droits des mal-logés visitera 20 municipalités pour demander à Québec et à Ottawa d’octroyer davantage d’argent aux logements sociaux.
«Ce n’est qu’un début, a avisé lundi le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant. On a prévu une grosse campagne pour l’automne.»
Dès lundi prochain, deux caravanes, dans lesquelles prendront place 80 personnes mal-logées ou locataires de logements sociaux, sillonneront le Québec. Le FRAPRU profitera de ce périple pour interpeller des élus provinciaux et fédéraux, dont le premier ministre Jean Charest, la chef de l’opposition Pauline Marois et le lieutenant de Stephen Harper au Québec, Christian Paradis.
L’organisme veut que 50 000 logements sociaux soient construits au Québec au cours des cinq prochaines années, ce qui exigerait des investissements totalisant 3,5 G$ de la part de Québec et d’Ottawa. M. Saillant admet que le montant est important, mais il précise que ces investissements entraîneront des retombées économiques. «Si tu es bien logés, tu as moins de problème de santé, tu éprouves moins de problème de délinquance, tu es dans une meilleure situation pour te trouver un emploi», a-t-il relaté.
Plusieurs artistes appuient publiquement le FRAPRU dans ses démarches, dont la chanteuse Judi Richards, l’humoriste Yvon Deschamps, le rappeur Webster et les Zapartistes.
Lors de la campagne électorale de 2008, le Parti libéral du Québec avait promis de financer annuellement 3000 logements sociaux. Dans son dernier budget, il a révisé ce nombre à la baisse à 2000. «C’est 1000 de moins que ce que le premier ministre s’est formellement engagé par écrit à réaliser au cours de cinq années suivant les élections de 2008, s’est insurgé M. Saillant. Déjà que 3000, c’était ridicule!»
Le FRAPRU mettra aussi de la pression sur le gouvernement fédéral qui a commencé selon l’organisme à réduire l’aide financière qu’il accorde aux ménages résidant dans des logements sociaux. Depuis 2006, près 16 500 de ceux-ci ont dû payer un loyer au prix du marché. Ce nombre devrait atteindre 72 700 d’ici 2015.