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Bilan 2011: Roger Plamondon quitte BIXI la tête haute

Le service de vélo en libre-service BIXI a connu une année faste à Montréal, en 2011. Avec une augmentation de 25% des déplacements, qui ont atteint plus de 4 millions au cours de la dernière année, une hausse de 24% du nombre d’abonnés, qui sont désormais quelque 40 000, et une baisse du déficit d’opération, qui est passé de 7,2 M$ à 3,2 M$, BIXI semble plus que jamais ancré dans les habitudes de vie des Montréalais.

Pourtant, le président de BIXI, Roger Plamondon, a annoncé il y a une dizaine de jours, son départ. Métro a dressé avec M. Plamondon une esquisse de ce qu’est devenu Bixi et de ce qu’il pourrait devenir.

BIXI a connu une bonne année en 2011. Ce bilan vous fait-il regretter votre décision de quitter le navire?
Non. Ma décision a été prise en pleine connaissance du bilan 2011. Mais il est vrai que la dernière année a été positive pour BIXI. Nous avons augmenté le nombre d’abonnés, le nombre de déplacements. Nous avons aussi pu démontrer la force de la flexibilité de BIXI puisque nous avons dû déplacer plus de 125 stations au cours de la saison en raison de travaux routiers, ce qui représente une hausse de 32% par rapport à 2010.


Le volet montréalais de BIXI devrait s’autofinancer en 2012. Cela respecte-t-il votre plan d’affaire?

Notre plan d’affaire stipulait qu’en 2012, nous aurions 50 000 vélos à Montréal et que plus de 5 millions de déplacements seraient effectués, ce qui nous permettrait d’atteindre le seuil de la rentabilité. C’est exactement ce qui devrait se passer. Là où le bât blesse, c’est au niveau du volet international. Nous voulions vendre 9000 vélos en 2011, mais nous n’en avons vendu que 5600.

Vous avez dit, au moment d’annoncer votre démission, que le climat d’incertitude provoqué par la décision de Québec de forcer la Ville de Montréal à se départir des activités internationales de BIXI avait nuit aux ventes à l’étranger. Ce nuage noir s’est-il dissipé?
Montréal est toujours obligée de vendre le volet international de BIXI. Il faudra absolument clarifier cette position pour espérer dissiper l’incertitude.

La Ville de Montréal a octroyé un prêt de 37 M$ à BIXI pour la mise en place du service de vélo en libre-service. Ce prêt ne pourra être remboursé en 2014 comme vous l’auriez voulu. Est-ce que cela peut mettre en péril le volet montréalais de BIXI?
Non, ça ne met pas en danger le BIXI à Montréal. Ce prêt est l’équivalent d’une hypothèque. Je voulais le rembourser plus rapidement, mais il sera finalement rembourser en 11 ans. BIXI fait partie de l’ADN des Montréalais maintenant. Je ne pense pas que quiconque voudrait mettre la hache dans ce service aujourd’hui.


Les Montréalais peuvent-ils s’attendre à plus de vélos et plus de stations pour l’année 2012?

Le conseil d’administration devra se pencher sur cette question au cours des prochaines semaines. Une décision devrait être prise au début de l’année 2012. D’ici là, nous évaluerons l’utilisation qui a été faite de BIXI au cours de l’année 2011. Cela nous permettra notamment de voir si nous pouvons mieux répartir les stations.

Un projet-pilote avait été mené à l’été 2010 dans des arrondissements éloignés du centre-ville afin d’évaluer s’il était possible de développer de nouveaux marchés pour BIXI. Ce projet a-t-il été abandonné?
Le projet a été abandonné pour les arrondissements de Saint-Laurent et LaSalle puisque la réponse n’a pas été suffisamment positive. Toutefois, nous avons décidé d’implanter des stations permanentes dans Verdun et dans Notre-Dame-de-Grâce. L’arrivée de BIXI dans Verdun aura par ailleurs mené à l’agrandissement du territoire du Sud-Ouest, parce que nous avons constaté qu’il fallait faire le lien entre les deux arrondissements pour rendre l’expérience profitable.

BIXI a été victime d’une hausse de 1697% des graffitis sur les vélos et de 97% sur les stations. Comment expliquez-vous cela?

Le cœur du problème provient de la campagne de commanditaires. C’est uniquement un petit groupe de personnes qui a commis des actes de vandalismes et on a pu observé que plus l’année avançait, plus le problème s’estompait.


Quelles sont les prochaines grandes étapes de BIXI à l’étranger?

Nous en sommes à compléter le contrat pour New York. Dans ce cas, tout avance selon les échéanciers. Nous avons aussi soumis une proposition pour Chicago. Nous attendons des nouvelles.

Vous devriez quitter votre poste d’ici la fin de l’année 2011, risque-t-on de vous revoir dans l’ombre de BIXI?
Je vais continuer d’y jeter un œil, mais à titre d’utilisateur cette fois. Je suis très fier de ce que BIXI est devenu et je quitte avec une certaine tristesse et mélancolie, mais il vient parfois des moments où on doit passer à autre chose. J’ai l’impression de vivre l’inverse des parents qui voient leurs enfants quitter le domicile. Dans mon cas, c’est le parent qui part.

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