Des dizaines de milliers d'étudiants se mobilisent à Montréal
Environ 30 000 personnes, selon les organisateurs, ont bravé la pluie jeudi dans les rues de Montréal pour manifester contre la hausse de 75 % des frais de scolarité décrétée par le gouvernement Charest. Les associations étudiantes accompagnées des centrales syndicales et de nombreux groupes sociaux s’étaient donné rendez-vous au parc Émilie Gamelin en début d’après-midi.
Si les manifestants se disaient en colère, ils ont manifesté pacifiquement pour la plupart au son des chansons «Libérez-nous des libéraux» de Loco Locass et «Passe moé la puck» des Colocs, notamment.
Dans la foule, des groupes venus des quatre coins de la province scandaient divers slogans : «Charest salaud, le peuple aura ta peau! », « On veut étudier, on veut pas être endettés».
« La mobilisation d’aujourd’hui (jeudi) envoie un message clair au gouvernement libéral: sa hausse des frais de scolarité ne passe pas a indiqué Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ).
Abritée sous le toit d’un immeuble, Christine Lambert a tenu a participé à l’événement avec son fils, étudiant à l École nationale d’aérotechnique, et son mari professeur en informatique. «Je suis venue par solidarité », a expliqué cette mère de deux étudiants.
« Mon mari et moi totalisons un salaire de 60 000 et plus, donc mes enfants n’ont pas droit aux prêts et bourses. Nous faisons partie de la classe moyenne et nous sommes conscients que ce n’est pas tout le monde qui peut payer l’université à leurs enfants», a dit cette programmeuse en informatique et militante pour Québec Solidaire dont les porte-parole Amir Khadir et Françoise David manifestaient également.
Au printemps dernier, le gouvernement Charest a annoncé une hausse des frais de scolarité de 1625 $ sur 5 ans à partir de 2012, soit 325 $ par année. Cette mesure cherche à pallier au problème de sous financement des universités.
La Fédération étudiante universitaire du Québec qui participait à la manifestation attend toujours les preuves de ce sous-financement. « Nous croyons qu’il faut d’abord évaluer les besoins, et revenir sur la gestion des universités», a affirmé la présidente de l’association en entrevue Martine Desjardins.
Par l’intermédiaire de son attaché de presse, la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, ministre l’éducation a fait savoir qu’elle n’entendait pas modifié son horaire du jour pour suivre le déroulement des manifestations.
La ministre avait déclaré plus tôt dans la journée que les étudiants devaient assumer leur part en rappelant c’est encore le gouvernement et donc les contribuables à travers les impôts qui assument de la plus grosse part de la facture.
« Si le gouvernement ne recule pas rapidement, ce à quoi il devra faire face, c’est la grève générale illimitée cet hiver » a dit M. Nadeau-Dubois, de l’ASSÉ.
La police a escorté les manifestants tout au long du parcours et au moment de mettre sous presse, quatre arrestations avaient été effectuées, dont une femme à propos d’une agression armée sur un policier, selon ce qu’a affirmé le lieutenant Lafrenière, du SPVM. Des projectiles enflammés ont aussi été lancés au forces de l’ordre a confirmé le SPVM sur son compte Twitter.
La manif en pancartes
Même si la pluie s’était invitée à la manifestation, on comptait tout de même plus de pancartes que de parapluies. Voici quelques slogans (tels quels) aperçus dans la foule.
- Tu pète ma bulle
- Je vends mon corps pour acheter ma télé
- Charest t’es pas un génie
- Lesage : je bâtis. Charest : je détruis
- On est prêts à payer 16,25$
- L’ignorance coûtera plus cher que l’éducation
- Je pense, donc je paye
- Charest, ta mère serait pas fier
- Contre les OGM : organismes de merde gouvernementaux
- RIP 1990-2070 : je viens de finir de payer mes dettes
- Hausser l’amour pas les frais