La hausse des frais de scolarité coûterait cher à l'État
La hausse annoncée des frais de scolarité entraînerait une perte de 4000 à 9000 étudiants universitaires entre 2012 et 2016, mais aussi des pertes fiscales évaluées entre 1,4G$ et 2,4G$ à long terme, selon une note économique publiée par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).
Pour réaliser cette note, la FECQ s’est adjointe l’économiste du Syndicat canadien de la fonction publique, Pierre-Guy Sylvestre. Ce dernier s’est basé sur deux études précédentes qui évaluaient que chaque hausse de 1% des frais de scolarité occasionnait des baisses de fréquentation variant entre 0,11% et 0,05%.
Ainsi, le rattrapage annoncé de 1625$ (+75%), entre 2011 et 2016, occasionnerait des pertes d’effectifs de 4 000 à 9 000 étudiants sur cinq ans dans les universités du Québec, selon la note économique.
Or, sachant qu’un détenteur de bac paiera 916 043$ de taxes et d’impôts durant sa vie active, contre 536 856$ pour un détenteur de diplôme collégial, les 4000 à 9000 étudiants qui renonceront, entre 2012 et 2016, à des études universitaires occasionneront un manque à gagner pour les recettes fiscales de l’État. Il est chiffré entre 1,4 G$ et 2,4 G$.
«Le gouvernement ne pourra pas se permettre de se priver de ce genre de recettes fiscales», clame Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ qui participera à la grande manifestation étudiante prévue à Montréal jeudi.
Du côté de la ministre de l’Éducation, on refuse de commenter la note économique sans l’avoir lue. «Selon les données de Statistique Canada, il n’y a pas de lien direct entre la hausse des droits de scolarité et la fréquentation des université au Canada», répond toutefois Dave Leclerc, attaché de presse de la ministre qui rappelle aussi que le programme de prêts et bourses sera bonifié.
De 1999 à 2009, les droits de scolarité ont augmenté de 4,5% dans le reste du Canada (+1,9% au Québec) et malgré cela, le nombre d’étudiants s’est accru de 4,1% (+2,1% au Québec), selon un document du ministère qui se base sur les données de Statistique Canada.
La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec abonde dans le même sens. «Leur analyse ne tient pas compte de la bonification graduelle de l’aide financière accordée aux étudiants», indique Daniel Zizian, son PDG. En outre, les différents crédits d’impôts permetteront de faire baisser la note jusqu’à 35%.