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Olivieri: la librairie qui ne voulait pas fermer

Rina Olivieri et Yvon Lachance ont cru devoir mettre la clé sous la porte de leur librairie en décembre dernier. Les travaux de la Ville ont bien failli avoir raison de ce commerce ouvert il y a 27 ans.

Depuis le début des travaux de réfection des infrastructures du quartier Côte-des-Neiges, en avril 2010, la boutique a enregistré une baisse de 20% de son chiffre d’affaires.

La crise économique ou la crise du monde du livre n’y sont pour rien. «Ça faisait sept ans qu’on avait un chiffre d’affaires stable et le premier jour des travaux, on a noté une baisse, et ce, jusqu’à la fin», indique Rina Olivieri, copropriétaire de la librairie indépendante.

Il y avait d’ailleurs eu une pause des travaux entre décembre 2010 et février 2011 où la clientèle était revenue. Mais de nouveaux chantiers ont confirmé la chute. Il y a un mois et demi, lorsque les travaux ont véritablement pris fin, les clients ne sont pas tous revenus, cette fois.

«Les gens ont changé d’habitudes et de quartier», se désole Mme Olivieri. Il y a 10 jours, elle a donc lancé avec son associé, M. Lachance, une campagne pour demander aux clients de revenir.

Et déjà, les effets se font sentir. «On a presque rattrapé 2009 et la baisse est maintenant à -5 %», dit-elle. La librairie a toutefois perdu environ 400 000 $ en chiffre d’affaires dans l’histoire. «Idéalement, il faudrait augmenter le chiffre et trouver du financement. Ça a fait un trou», poursuit-elle.

Un comité a ainsi été créé et tentera de mettre sur pied des activités de financement. Cela est d’autant plus nécessaire que dans le contexte actuel, une librairie indépendante reste un commerce fragile. Le marché est compétitif avec les grandes chaines et la vente en ligne avec Amazon.  

Aucune compensation financière n’a été offerte aux commerçants du quartier Côte-des-Neiges. «On nous a dit qu’il n’y avait rien de prévu pour les commerçants et que nous devions collaborer, ce que je comprends, mais pas pendant 18 mois », plaide Mme Olivieri. Elle précise d’ailleurs que plusieurs autres commerces sont dans la même situation à Montréal.

«La Ville devrait vraiment prévoir dans ses coûts de travaux un dédommagement pour les commerces. Le commerce de détails et de proximité, c’est le moteur d’une ville», insiste Mme Olivieri.

Olivieri en trois points

  • Rencontres trois fois semaine avec des auteurs. Ces événements attirent près de 150 personnes.
  • Depuis 15 ans, un bistro est ouvert à même la librairie.
  • On y trouve une variété d’ouvrages qui ne se sont pas toujours dans les chaînes.

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