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Seulement trois bureaux de vote inaccessibles aux personnes handicapées

Photo: Yves Provencher/Métro

La presque totalité des bureaux d’élection à Montréal seront accessibles aux personnes à mobilité réduite le jour des élections municipales, le 3 novembre prochain. Seulement trois des 530 bureaux d’élection ne le seront pas.

Ces bureaux d’élections qui ne sont pas universellement accessibles se trouvent dans les districts Darlington, (école secondaire Mont-Royal), Rivière-des-Prairies (école primaire Fernand-Séguin) et Saint-Paul-Émard (Centre de loisir Monseigneur Pigeon).

Le président d’élection, Me Yves Saindon, qui est aussi le greffier de la Ville de Montréal, a expliqué mercredi aux membres du comité exécutif qu’il était impossible de trouver d’autres lieux pour tenir le vote le 3 novembre prochain.

«Ces endroits ont été retenus bien qu’il ne soit pas possible d’y effectuer des aménagements temporaires», a dit Me Saindon. Il a recommandé aux personnes à mobilité réduite, qui vivent dans les districts de Darlington, Rivière-des-Prairies et de Saint-Paul-Émard, d’exercer leur droit de vote dans les bureaux du président d’élection ou de le faire par anticipation. Il sera aussi possible de voter à domicile.

«Toutes les possibilités de vote seront inscrites sur la carte de rappel de l’électeur», a indiqué le président d’élection de Montréal.

La Ville de Montréal fera en plus des aménagements temporaires dans 44 bureaux d’élection. Des rampes y seront notamment installées.

Me Saindon a noté qu’il y avait une «amélioration significative» en matière d’accessibilité universelle à Montréal depuis 2009. Il y a quatre ans, les personnes à mobilité réduite pouvaient accéder à 82% des bureaux de vote, contre 99,4% en 2013.

Pour la présidente du Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec, Linda Gauthier, il n’y a pas lieu de se réjouir. Malgré les statistiques encourageantes, elle persiste à douter que les 527 bureaux de scrutin seront véritablement accessibles universellement le 3 novembre prochain.

«En 2009, mon bureau de vote faisait partie de ceux qui devaient être accessibles et c’était extrêmement dangereux, a-t-elle rapporté. L’inclinaison acceptable d’une rampe est d’un pouce pour un pied. La rampe que je devait franchir était trois fois trop abrupte et il y avait un seuil de quatre pouces.»

Puisqu’elle n’a pas pu se prévaloir de son droit de vote en 2009, Mme Gauthier a déposé une plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Celle-ci lui a donné raison la semaine dernière.

Mme Gauthier est fermée à la possibilité de voter par anticipation, avant le 3 novembre, puisque selon elle, «tout peut basculer en six jours».

«Habituellement, je me fais mon idée entre le moment où on me remet mon bulletin de vote et celui où j’arrive dans l’isoloir, a-t-elle dit. Je suis très ambivalente. Je n’ai jamais voté par anticipation et je ne le ferai jamais.»

Elle refuse d’être traitée en «citoyen de seconde zone», ajoutant du même coup que ce n’est pas nécessairement l’intention des autorités municipales.

Le RAPLIQ a perturbé lundi une assemblé du conseil municipal de Montréal pour exiger que l’ensemble des bureaux de scrutin soient accessibles aux personnes handicapées.

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