Montréal

L’éboueur Pascal Renaud aime sa ville propre

Photo: Daphnée Caron/Métro

En gestion, l’approche ascendante consiste à interroger les employés de la base pour formuler des politiques qui répondent vraiment aux besoins de l’organisation. On estime que parce qu’ils sont directement sur le terrain, ces travailleurs sont les mieux placés pour identifier les problèmes. Par exemple, on demandera au réparateur de photocopieurs comment améliorer les appareils plutôt que de chercher des solutions seulement auprès des ingénieurs. Dans le cadre de la présente campagne électorale, nous nous sommes inspirés de cette approche en demandant à des employés de diverses structures de la Ville ce dont Montréal aurait besoin selon eux.

Éboueur depuis plus de 30 ans, Pascal Renaud aime sa ville propre.

Que feriez-vous si vous étiez maire de Montréal?
Je baisserais les taxes pour donner la chance à plus de monde de s’installer ici. Surtout les restaurants : beaucoup sont incapables d’ouvrir à Montréal parce que c’est trop cher. Payer 20 000 $ de taxes, pour un commerce, c’est beaucoup d’argent! Et s’il y avait plus de commerces, en fin de compte, ça serait plus profitable.

Que pourrait-on faire pour améliorer la propreté de la ville?
Que les éboueurs fassent bien leur travail, c’est une chose, mais si tous les citoyens faisaient leur part, ça aiderait. L’union fait la force. Quand les gens jettent leurs mégots de cigarette ou leurs gobelets de café par terre, c’est ça qui fait que la ville est sale. La Ville fait déjà sa part en collectant le recyclage et en installant des poubelles dans les rues. C’est quand même pas au maire à ramasser lui-même les papiers un à un!

Pour améliorer la collecte des ordures, qu’est-ce qu’on pourrait faire?
La ville collecte les déchets, le recyclage, les matières organiques, elle s’est améliorée beaucoup dans les dernières années. On recycle beaucoup les déchets verts, les feuilles mortes. Les projets sont là, les camions sont là, ça reste au citoyen à faire sa part en faisant bien les choses, en participant aux collectes sélectives. J’ai l’impression qu’on ne reconnaît pas toujours les efforts qui sont faits par la ville.

Est-ce que les citoyens sont les seuls responsables de la malpropreté?
Non! Il y a aussi des industries qui jettent vraiment beaucoup. Mais tous les projets sont là pour que la ville soit propre. Peut-être qu’on devrait faire de la sensibilisation.

Qu’est-ce que le maire pourrait faire pour améliorer votre emploi?
Me laisser travailler! La ville se développe beaucoup et nous impose beaucoup de règlements sur les heures de travail, ce qu’on n’avait pas avant. Ils veulent nous obliger à travailler plus durant le jour, mais il y a beaucoup de places qui sont plus difficiles à faire de jour que de nuit, comme le centre-ville à l’heure de pointe!

À ce niveau-là, c’était beaucoup plus facile de faire notre travail il y a 10 ans, mais j’imagine que ça a changé parce qu’il y a eu des abus. C’est pour ça qu’il y a des règlements plus sévères.

Les opinions émises dans cette entrevue ne reflètent que la position personnelle du fonctionnaire et non celle de son organisation.

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