Les pompiers: premiers répondants depuis 4 ans
Le taux de survie aux arrêts cardiorespiratoires s’est chiffré à 42,6% en 2012 à Montréal, un taux excellent et une augmentation de 7% par rapport à l’année précédente, selon Urgences-santé. Ce succès serait en partie attribuable à la conversion des pompiers en premiers répondants (PR), il y a quatre ans. Métro a voulu en savoir plus sur leurs moyens d’opérer.
Les premiers sur les lieux
Lorsqu’un appel jugé inquiétant pour la vie d’un citoyen est reçu au 911, Urgences-santé envoie simultanément sur place, depuis 2009, une ambulance et des pompiers. C’est qu’il y a maintenant dans chaque caserne montréalaise des pompiers formés à être premiers répondants. Ils sont près de 1800 à avoir effectué 76 386 interventions en 2012.
Ces derniers arrivent donc généralement en premier sur les lieux et prodiguent des soins de base en attendant l’arrivée des ambulances. «Si ça saigne, on patche, si le cœur ne bat plus, on masse», résume Vincent Renaud, pompier PR à la caserne 66 à Verdun.
Toutefois, tous les patients se font mettre un masque à oxygène. «Ça calme le patient, ça peut aider pour les problèmes respiratoires et ça ne nuit à personne», fait valoir M. Renaud.
«Le temps de réponse est très significatif pour la survie d’un patient», souligne Martine Cyr, chef de section au Service de sécurité incendie de Montréal (SIM). Dans les cas d’arrêts cardiorespiratoires, la probabilité de survie diminue de 7 à 10% par minute en l’absence de manœuvres de réanimation, selon Urgences-santé.
Trousse nec plus ultra
Les pompiers utilisent depuis deux ans une trousse de premiers soins spécialement conçue par le SIM, qui a reçu cette année un prix de reconnaissance en santé et sécurité du travail de la Ville de Montréal. On y trouve les mêmes outils qu’avant, des appareils pour la réanimation cardiaque aux bandages pour les hémorragies, en passant par l’Épipen pour les réactions allergiques et le sucre pour les diabétiques.
L’ergonomie de la trousse a toutefois changé. «Il permet une intervention plus rapide et efficace», soutient Vincent Renaud. Le contenu de deux sacs séparés, profonds et mal organisés, a été transféré seul sac à dos. Les compartiments sont très bien identifiés, et l’intérieur est transparent, de sorte qu’il est facile de voir tout le matériel qui s’y trouve.
D’autres villes du Québec ont déjà commencé à l’acquérir, notamment Québec et Deux-Montagnes.
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Un rôle gratifiant
Les PR interviennent plusieurs fois par jour auprès de personnes en détresse, pour des situations aussi variées que des accidents de la route et des accouchements. Les cas les plus fréquents sont ceux des douleurs thoraciques, qui concernent près de 24,3% des appels.
Certains cas restent gravés dans la mémoire de Vincent Renaud. «Un jeune de 20 ans était tombé en jouant au basketball et avait fait un arrêt cardiaque, raconte-t-il. On lui a fait un massage cardiaque avec un défibrillateur. Quand les paramédics sont arrivés, on avait retrouvé son pouls.»
«C’est gratifiant de voir qu’on a réanimé quelqu’un», ajoute M. Renaud.
Un camion trop gros?
En campagne électorale, le candidat défait à la mairie Marcel Côté avait remis en question le fait que les pompiers se déplacent avec leur gros camions pour des incidents ne le justifiant pas, tels qu’une chute à vélo. Il suggérait qu’on les dote de camions de type éconoline.
Les PR roulent en effet en camions autopompe, les mêmes que pour éteindre les incendies. «Notre mission première reste de combattre les incendies. En se déplaçant avec le camion, nos équipes sont prêtes à partir directement vers un feu, peu importe où ils se trouvent», justifie Laurent Arel, porte-parole de l’Association des pompiers de Montréal. Il admet toutefois qu’il n’est pas idéal d’user le camion en y ajoutant du kilométrage.
Ces camions ne semblent d’ailleurs pas faire l’unanimité. «C’est trop gros. On aimerait avoir des véhicules d’intervention rapide, surtout que c’est assez dispendieux de déplacer un camion comme ça», commente Michel Gagné, pompier à la caserne 66.