Montréal

Vélo Québec crée un premier tour cycliste d’hiver

Vélo Québec crée un premier tour cycliste d’hiver
Photo: Métro

Un «happening» de vélo d’hiver se déroulera à Montréal le 16 février, à l’initiative de Vélo Québec.

Près de 300 personnes sont attendues, selon les organisateurs, pour ce premier rendez-vous organisé pour souligner les 30 ans du Tour de l’île de Montréal. Ils parcourront 15 km, et ce, peu importe la température. «Qu’il fasse 5°C ou -25°C, l’événement aura lieu», mentionne Suzanne Lareau, PDG de Vélo Québec, qui compte mettre sur pied cet événement en partenariat avec l’organisme ENvironnement JEUnesse.

Les cyclistes circuleront à travers les arrondissements du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont–La Petite-Patrie, des arrondissements où le déneigement est plus efficace selon Vélo Québec. Ils débuteront leur parcours à la Maison des cyclistes, puis se dirigeront vers le Jardin botanique en passant par la rue Rachel et reviendront à leur point de départ.

Aucune rue ne sera fermée à la circulation automobile lors de l’événement, ce qui explique pourquoi les participants emprunteront majoritairement des rues équipées d’aménagements cyclables déneigés.

«S’il y a une tempête, on suivra les pistes faites par le déneigement de l’arrondissement», ajoute Mme Lareau.

Autant les cyclistes expérimentés que les amateurs pourront se joindre au peloton. Mme Lareau espère rejoindre les curieux qui ont demandé à Vélo Québec de créer un événement du genre pour les inciter à sortir leur vélo durant la saison froide.

«C’est peut-être le coup de pouce qui va les encourager à essayer le vélo d’hiver. L’effet de masse est motivant, il nous fait faire des choses qu’on ne ferait pas en temps normal», souligne Mme Lareau. La PDG rappelle que le Tour de l’île de Montréal a eu «un effet déclencheur sur la pratique du vélo à Montréal» et en souhaite autant pour ce premier tour d’hiver.

De fait, l’événement aura notamment pour but de démystifier la pratique du vélo en hiver.

«Beaucoup de gens s’imaginent les pires conditions quand on parle de vélo en hiver: -25°C et une tempête de neige. Mais vous voyez qu’aujourd’hui, c’est l’hiver, et les pistes cyclables sont bien déneigées, les conditions sont agréables», ajoute Mme Lareau.

Maxime Dorais, un adepte du vélo d’hiver, croit que cet événement pourrait effectivement permettre de démocratiser cette pratique. «Le vélo d’hiver, ce n’est pas seulement réservé auxcasse-cou, mais bien quelques chose qui peut être fait par n’importe qui», indique le jeune homme d’Outremont. Ce «tour de luxe», dit-il, dans les sentiers battus du Plateau et de Rosemont, aurait toutefois encore plus d’intérêt s’il faisait le tour du «Montréal où il n’y a pas de pistes cyclables», selon lui.

La pratique du vélo d’hiver s’étend de plus en plus dans la métropole, mentionne Suzanne Lareau, alors que de 12 à 14% des cyclistes continuent de circuler en vélo entre les mois de décembre et mars, selon ce qu’indiquent des compteurs installés sur les rues Maisonneuve et Rachel.

«La Ville est de plus en plus sensible aux demandes des cyclistes, parce qu’elle se rend compte que c’est une façon de se déplacer qui ne coûte pas cher et qui ne cause pas de problèmes dans les rues. On a tout intérêt à favoriser les déplacements à vélo à longueur d’année», clame Mme Lareau.

Déneigement de plus en plus satisfaisant
La PDG de Vélo Québec se dit également de plus en plus satisfaite du déneigement des pistes cyclables par la Ville de Montréal.

«C’est la deuxième année que la piste cyclable sur Rachel est bien déneigée. C’est aussi la première année que l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie déneige la partie de la piste cyclable sur l’avenue Christophe-Colomb sous le viaduc, permettant de passer de Rosemont jusqu’au Plateau-Mont-Royal», affirme Mme Lareau, qui sent une «amélioration et une volonté de faire des efforts» de la part de la Ville.

Elle souligne également la situation de la piste cyclable sur Maisonneuve qui offre de bonnes conditions aux cyclistes à Westmount et Notre-Dame-de-Grâce.

D’autres secteurs de la ville laissent encore à désirer, note toutefois la directrice.

«Il y a d’autres pistes cyclables qu’on aimerait voir déneigées, comme celle sur la Côte-Sainte-Catherine et celle sur René-Lévesque. Les pistes en site propre, donc séparées de la circulation automobile, sont particulièment appréciées des cyclistes et des automobilistes pendant l’hiver. On aimerait qu’il y ait plus d’effort à ce niveau», avertie Mme Lareau.