Montréal

Coderre confie à Bergeron le recouvrement de l’autoroute Ville-Marie

Photo: Archives Métro

Le maire de Montréal, Denis Coderre, confie au chef de l’opposition officielle, Richard Bergeron, le mandat de recouvrir une partie de l’autoroute Ville-Marie à temps pour les célébrations du 375e anniversaire de Montréal, en 2017.

«Je veux retisser les liens entre le Vieux-Montréal et le centre-ville. Personne n’est mieux placé que M. Bergeron, qui est un urbaniste passionné, pour réaliser cette tâche», a déclaré vendredi M. Coderre.

Cette première phase de recouvrement visera à réaménager la bretelle autoroutière entre les rues Gosford et Sanguinet, en plus de la relocaliser plus à l’est.

«Ça fait 25 ans que je rêve à ce recouvrement», a affirmé M. Bergeron, ajoutant qu’il voit l’offre de M. Coderre comme une occasion d’agir pour le bien des Montréalais, sans partisanerie. Ce dernier a aussitôt admis que ce mandat bouleverse son plan de quitter la politique d’ici la fin 2015, tel qu’il l’avait annoncé trois jours après le scrutin de novembre. «J’envisage de rester plus longtemps», s’est-il contenté de répondre, refusant de donner plus de détails pour l’instant.

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La maire Coderre a reconnu qu’il «faudra amorcer un débat avec Québec», qui a selon lui de grandes réticences à financer le projet de recouvrement. «On est capable de se parler avec Québec, j’ai le droit d’y croire et je ne vais pas abdiquer», a-t-il fait valoir. Au cabinet du ministre des Affaires municipales et des Transports, Sylvain Gaudreault, on a fait savoir que «le recouvrement de l’autoroute n’est pas dans les cartons».«Les coûts qui y seraient associés sont trop élevés dans le contexte actuel», a indiqué l’attaché de presse Yann Langlais-Plante, faisant référence au montant de 1,1G$ avancé par une étude de faisabilité dont la Presse avait fait mention l’été dernier.

Le projet de recouvrement vise entre autres à créer une nouvelle place publique verte, autour de la station de métro Champs-de-Mars. «Ce nouveau parvis sera l’accès principal aux 16 000 personnes qui se rendront à chaque jour au CHUM, sans oublier les dizaines de milliers de citoyens et touristes qui se déplacent dans le Vieux-Montréal», a détaillé M. Bergeron. Dans le cadre de son mandat, le chef de l’opposition officielle devra se rapporter directement au maire.

Bergeron salue l’ouverture de Coderre
«L’attitude du maire Coderre est très ouverte, il est aussi plus fonceur et opte souvent pour la collaboration, ça a joué dans ma décision de rester», a admis M. Bergeron, en marge du point de presse de vendredi. Ce dernier a ajouté que son caucus appuie sa décision de piloter le projet de recouvrement de l’autoroute Ville-Marie, mais que cela ne changera en rien le rôle de son parti d’être une «opposition redoutable et constructive».

Il a raconté qu’il y a quelques semaines, son parti l’a mandaté pour convaincre le maire de s’approprier le dossier du recouvrement. Au moment de sa rencontre avec M. Coderre, ce dernier l’a devancé en lui offrant de gérer le dossier, avant-même qu’il lui ait fait part de la raison de sa visite. «Les bras me sont tombés! Nous avions des atomes crochus sur ce projet», a lancé M. Bergeron.

Pour ce qui est de son futur au sein de Projet Montréal, qu’il a fondé en 2004, M. Bergeron a dit que «l’heure est aux discussions», et que la tenue d’un conseil général de son parti, dimanche, sera l’occasion de débuter les réflexions. Les membres du parti devront notamment décider si la course à la chefferie, prévue vers 2015, sera reportée ou non.

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