Montréal

Les ravages de l’agrile équivaudront à 12 fois le désastre de BIXI

Les ravages potentiels de l’agrile du frêne, équivaudront, pour la Ville de Montréal, à 16 fois la déroute financière de BIXI. Et pourtant, très peu d’élus et de citoyens semblent saisir l’ampleur de la menace.

Il suffit pourtant de faire un petit calcul. Il y a environ 200 000 frênes publics dans les rues et les parcs (sans compter ceux des terrains privés). Faire un traitement préventif au TreeAzin (qui ne fait que retarder l’échéance) + couper les frênes + retirer les souches + replanter et entretenir les remplaçants = environ 2300$ par arbre.

Donc 2300 x 200 000 frênes (on n’a aucun remède, donc ils vont tous disparaître d’ici 20 ans) = 460M$. Oui, vous avez bien lu, c’est 12 fois l’argent investi (et en partie perdu) dans BIXI! (J’avais précédemment indiqué qu’il faudrait dépenser 3000$ par arbre, ce serait plutôt 2300, soit 12 fois les fonds municipaux investis dans le système de vélo en libre-service).

Pourtant, mis à part quelques élus de Projet Montréal et quelques écologistes du Conseil régional de l’environnement, je ne vois personne qui déchire sa chemise! Encore récemment, un des élus de Projet Montréal, Sylvain Ouellet, a piloté sans succès une motion pour qu’on investisse, en 2014, 10M$ dans la lutte à l’agrile. Il faudra finalement se contenter de cinq fois moins.

Pourtant, il y a de quoi s’inquiéter comme le montre une carte Google qui recense les endroits où sont plantés les frênes à Montréal. Certaines rues n’ont que ça! Quand ils seront morts (ça prend moins de cinq ans dès que l’arbre est infesté) ou auront été coupés, certaines rues seront toutes dégarnies et les maisons y perdront vraisemblablement 2% de leur valeur, si l’on se fie à certaines études faites aux États-Unis.

Je vous suggère donc de regarder si votre rue figure parmi les perdantes à la loterie de l’agrile. Car ça va faire mal. Pour vous donner une idée, voici une rue d’une municipalité du Michigan avant et après… Ouch!

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Par chance, certains maires d’arrondissement (Luc Ferrandez sur le Plateau, François Croteau dans Rosemont) sont conscients du problème et ils tenteront (dans la mesure du possible) d’étaler les abattages et les plantations, sur plusieurs années. Dans celui de Saint-Laurent, dirigé par Alan DeSousa, près de 50% des frênes ont reçu du TreeAzin. Mais dans certains autres arrondissements, où les élus n’ont pas la même sensibilité aux arbres, ça risque d’être beaucoup plus moche…

J’ai donc bien hâte de voir si Réal Ménard, l’élu responsable de l’environnement à la Ville, va être capable de rallier ses autres collègues à la cause, lors du Sommet de l’agrile qui se tiendra le 10 mars.

Et si vous doutiez encore de l’importance du dossier:

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