Saint-Patrick: quand fêter mène à l’urgence
Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) s’attend à accueillir davantage de cas de traumatismes crâniens qu’à l’habitude ce week-end à l’urgence en raison des festivités de la Saint-Patrick.
«On est prêts. Chaque année, on sait que beaucoup de gens vont faire des chutes ou vont se battre et qu’on va avoir plus de monde, alors on a plus d’employés sur le terrain», a rapporté Dr Christian Malo, médecin d’urgence spécialisé en traumatologie au CUSM. C’est la même chose lors d’autres grosses fêtes comme la Saint-Jean-Baptiste, et la fin de semaine est toujours un peu plus achalandés que la semaine.
C’est qu’au moins 30% des cas de traumatismes crâniens reçus à l’urgence du CUSM font suite à une intoxication, que ce soit d’alcool ou de drogue, d’après une étude examinant 7000 cas dans les cinq dernières années.
En prévision de la fête des Irlandais, les médecins de l’hôpital ont effectué jeudi une simulation pour sensibiliser les citoyens aux conséquences dramatiques possibles de la consommation abusive d’alcool.
«Sous l’influence de l’alcool, on est plus agressif, plus violent, notre coordination diminue et on est plus à risque de faire des accidents de voiture. Tout ça peut mener à des blessures à la tête ou au visage», a fait remarqué Dr Malo.
Peu importe le niveau de gravité du traumatisme, les séquelles peuvent être sévères et à long terme. Nicolas Steresco a été victime d’un traumatisme crânien lors d’un accident de voiture il y a 15 ans. Il en avait 25. «Je me prenais pour Superman, j’ai pris des risques. En quelques secondes, ma vie a changé du tout au tout», a témoigné M. Steresco.
Aujourd’hui, M. Steresco est inapte au travail, malgré qu’il soit ingénieur de formation, en raison de séquelles physiques et cognitives. Il se déplace avec des cannes ou en chaise roulante, il a peu de concentration et de mémoire et il a des problèmes comportementaux.
Selon un rapport de 2010 de l’Institut national de santé publique du Québec se basant sur les plus récents chiffres de 2002, près de 50 000 hospitalisations seraient reliés à l’alcool chaque année. Les coûts de soins de santé liés à l’alcool étaient de 651 M$ la même année au Québec.