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20 ans du Jardin botanique en 4 arrêts

Gilles Vincent, qui fut directeur du Jardin botanique pendant 14 ans, quittera sous peu son poste. Depuis son arrivée à la tête du Jardin, en 1997, l’institution a bien changé. Métro a saisi une dernière chance de faire une visite en sa compagnie pour faire le portrait de l’évolution du jardin au cours des 20 dernières années.

Jardin botanique papillonPapillons en liberté
D’après Gilles Vincent, Papillon en liberté représente bien la raison pour laquelle le Jardin a réussi à garder ses visiteurs, en restant sans cesse attrayant. «[Papillons en liberté], c’est beau, immersif et éducatif», estime M. Vincent. En 1998, deux collègues du Jardin botanique lui proposent d’organiser un événement où les papillons circuleraient librement dans une serre. «Je leur ai demandé si ça allait fonctionner et combien ça allait coûter, explique M. Vincent. Ils ont été honnêtes : ils m’ont dit qu’ils n’en étaient pas certains et que ce serait assez cher. On l’a fait quand même, dans une petite serre, pour une courte période de temps.» Étant donné le vif succès de cette première édition, qui a accueilli 20 000 visiteurs en deux semaines, l’opération s’est agrandie et se répète chaque année depuis.

Jardin botanique Cour des sensTouchez et sentez un jardin
Lorsqu’on lui demande quelle est la réalisation dont il est le plus fier, M. Vincent affirme sans hésiter que c’est la Cour des sens, aménagée en 1999. «Je suis toujours un peu ému quand j’en parle», confie le directeur. Conçu par et pour les non-voyants et animé par des non-voyants, ce jardin est aménagé spécialement pour être découvert grâce à d’autres sens que la vue. «C’était très audacieux et ça répond tout à fait à l’idée que notre jardin doit être le plus accessible possible», affirme M. Vincent.

 Jardin botanique Gilles VincentRecherche et conservation à l’avant-plan
Le Centre sur la biodiversité de l’Université de Montréal, inauguré en 2011 en partenariat avec l’Université de Montréal, comporte un espace d’exposition et un espace de recherche. Il s’y cache aussi une collection «inestimable» de cartons d’herbiers représentant plus de 800 000 espèces. Certaines de ces plantes n’existent plus de nos jours, sauf sous cette forme séchée et écrasée entre des feuilles de papier. Avant d’être déménagée dans ce nouveau pavillon, cette collection était logée au sous-sol du bâtiment administratif du Jardin botanique. «Les conditions étaient loin d’être idéales», relate M. Vincent.

 Jardin botanique risièreÀ la base de l’alimentation
En 2008, le Jardin botanique remplace sa serre de plantes tropicales économiques par une serre de plantes tropicales alimentaires. «Les plantes sont à la base de l’alimentation, et les enjeux de leur protection concernent la vie humaine», affirme M. Vincent pour justifier son choix. Citronniers, cannes à sucre, bananiers, caféiers, environ 140 plantes, les plus importantes pour l’alimentation dans le monde, révèlent leurs secrets aux visiteurs. La serre a été complètement réaménagée il y a six ans, afin que le parcours soit plus dynamique. Des passerelles, par exemple, permettent de regarder les spécimens en surplomb.

De Montréal à Shanghai

Entrevue avec Gilles Vincent, qui part travailler au développement du nouveau jardin botanique de Chenshan, à Shanghai.

Qu’est-ce qui vous attire à Shanghai?
Le Jardin botanique de Montréal a des liens avec la Chine depuis longtemps. Je suis allé une trentaine de fois dans ce pays. C’est un tout nouveau jardin botanique sous la responsabilité de gens que je connais, qui a trois ans seulement et un potentiel énorme. Ça s’est présenté comme une opportunité de travailler sur des collections de plantes et sur des programmes éducatifs.

Des choses que vous allez faire là-bas et que vous ne pourriez pas faire ici?
En Chine, l’argent n’est pas vraiment un enjeu. Le budget est bien plus imposant qu’ici. La commande est d’être dans le top 5 des jardins botaniques du monde.

Qu’est-ce qui va vous manquer?
Jamais je ne retrouverai cette équipe extraordinaire de passionnés attachés au Jardin. Le contact avec ces passionnés de recherche, d’éducation et d’horticulture va me manquer.

Qu’est-ce qui s’en vient dans l’avenir du jardin?
On a un projet de jardin des phytotechnologies, où on va présenter les technologies vertes, c’est-à-dire l’utilisation des végétaux pour résoudre des problèmes environnementaux. On a un dessin, un plan, et à peu près la moitié du financement.

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