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Et si les animaux avaient les mêmes droits que les humains?

Photo: Getty Images/iStockphoto

Si la France a déjà adopté un statut juridique pour les animaux, les voix s’élèvent également au Québec pour une telle modification du Code civil. Le premier colloque montréalais «Droit animal et les droits des animaux» aura lieu mercredi à l’UQAM en présence de plusieurs professeurs, juristes et militants qui demandent d’accorder aux animaux le statut d’êtres sensibles devant la loi. Juste avant ce remue-méninges, Stevan Harnad de la Chaire de recherche du Canada en sciences cognitives de l’UQÀM dresse le portrait des effets que ce changement pourrait apporter.

ACTU - Stevan HarnadOù en sommes-nous en terme de droit des animaux au Canada?
L’animal n’a aucun droit, selon la loi. Actuellement, les animaux sont traités comme des objets, autant que les chaises ou les tables. Ce qui a l’effet de protéger les animaux, ce sont les interdictions imposées aux humains. Par exemple, nous n’avons pas le droit de laisser un chien dans une auto toute la journée dans la chaleur. C’est l’humain qui est puni pour ça. L’animal n’a aucun rôle là dedans. C’est comme si on n’avait pas le droit d’éventer les tapis sur le balcon.

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Que reste-t-il à faire pour améliorer le droit des animaux?
On veut que les animaux soient protégés plutôt parce qu’ils sont des êtres sensibles, comme nous. Me Sophie Gaillard et l’auteure Élise Desaulniers ont écrit un manifeste qui demande une loi pour reconnaitre le statut d’être sensible des animaux. Si la loi est adoptée, c’est seulement le pas initial. Prenons en exemple le festival du cochon, qui aura lieu à la fin du mois, où on terrifie les cochons. Si les cochons sont reconnus comme des êtres sensibles, ça ne change rien concrètement. Mais ça ouvra la porte à la création d’autres lois. On pourra alors se dire qu’étant donné que les cochons sont des êtres sensibles, nous n’avons pas le droit de les maltraiter ainsi.

Quels autres domaines pourraient être touchés par cette nouvelle loi?
Les abattoirs sont une abomination. On y fait des choses pires que de tuer des animaux, on les tourmente, on les traite horriblement. Avec ce statut d’être sensible, les animaux pourraient être protégés de la maltraitance, même dans le cas où on les met à mort dans les abattoirs. Les animaleries, la chasse, les animaux de compagnies, la recherche médicale sont autant de domaines qui seraient touchés par un nouveau contrôle juridique grâce au statut sensible de l’animal.

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