Un festival pour les jeunes de la rue
Du 22 au 24 juillet, des dizaines de jeunes de la rue feront valoir leurs talents en donnant des spectacles sur la place Pasteur, sur le campus de l’UQAM, pour la 18e édition du Festival d’expression de la rue.
«C’est le premier festival auquel j’ai assisté dans ma vie, s’est rappelé Corine Taillon, pair-aidante du Groupe d’intervention alternative par les pairs. Je m’y suis sentie acceptée et à ma place.»
À une certaine époque, Mme Taillon a fait l’objet d’interventions de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et a consommé des drogues. Elle a aussi fréquenté la rue. Aujourd’hui, elle fait partie des pairs-aidants, ces anciens jeunes de la rue qui interviennent auprès de ceux d’aujourd’hui et qui organisent le Festival d’expression de rue.
Ce festival a pour objectif de favoriser la cohabitation entre les jeunes de la rue et le reste de la population, de diminuer les préjugés et de faire voir le bon côté de ces jeunes de moins de 30 ans aux parcours troubles. «Voir beaucoup de jeunes de la rue dans un même endroit sans qu’il y ait de grabuge ni de violence, ça remet les choses en perspective pour certaines personnes», a exposé Mme Taillon.
Beaucoup de jeunes jouent de la musique, que ce soit du folk, du hip-hop ou du punk, a remarqué Mme Taillon. «Des spectacles seront présentés de 18h à 23h chaque soir, et on a dû refuser certaines personnes», a-t-elle souligné.
Des organismes de prévention et d’aide aux jeunes de la rue tiendront des kiosques d’information durant le festival. Des ateliers artistiques et des activités familiales auront également lieu.
Préjugés
- «J’en vois beaucoup qui sont très travaillants, mais qui, par un mauvais concours de circonstances, ne sont pas capables d’obtenir ou de garder un travail. Ce ne sont pas tous les employeurs qui acceptent de donner du travail à un jeune qui a eu une mauvaise passe et qui n’a pas travaillé pendant deux ans, qui vit dans la rue et qui n’a pas de cadran», a observé Mme Taillon.