Montréal

Le mont Royal célèbre la classe de 1964

Le mont Royal célèbre la classe de 1964

Le 23 juin 1964. Douze sculpteurs venant de neuf pays s’installent dans la clairière du mont Royal. Logés à la maison Smith, ils auront deux mois pour réaliser leurs rêves les plus fous et créer des œuvres monumentales dans la pierre et dans le métal. C’est le début du premier symposium international de sculpture en Amérique du Nord, qui célèbre cet été son 50e anniversaire. Visite guidée du site de cet événement historique.

Lors du symposium de 1964, ces artistes travaillent simultanément et sans contraintes dans une sorte d’atelier en plein air accessible au public. En ressortira une collection d’œuvres dont 11 sont toujours en place, là où elles ont été créées, ce que Jean-Michel Villanove, responsable des services au grand public pour les Amis de la montagne, appelle «un instantané de ce qu’est la sculpture en 1964». C’est pour lui un événement important ayant eu des échos partout dans le monde de la sculpture.

Les œuvres issues du symposium font maintenant partie intégrale du paysage du mont Royal, éparpillées ici et là dans la clairière. Un peu trop d’ailleurs, pense M. Villanove. «Elles sont très très présentes, mais les gens ne les voient plus», se désole-t-il.

Les Amis de la montagne, en collaboration avec la Ville de Montréal, tenteront de remédier à la situation grâce à toute une série d’activités visant à souligner le 50e anniversaire du symposium.

«On voit rarement un sculpteur au travail. Le symposium a permis aux artistes d’avoir un échange avec le public.» – Jean-Michel Villanove, responsable des services au grand public pour les Amis de la montagne

Des visites guidées sont organisées pour parcourir le site du symposium et découvrir les œuvres restantes. L’artiste Patrick Bérubé invitera aussi le public à collaborer à la création d’une œuvre participative pour souligner l’anniversaire, laquelle sera dévoilée lors de la cérémonie de clôture.

La Force (Armand Vaillancourt)
La Force (Armand Vaillancourt)

Le célèbre artiste québécois Armand Vaillancourt a 30 ans lorsqu’il réalise cette imposante œuvre en fonte de plus de 30 tonnes.

Il sculpte par le feu un moule à partir de styromousse, dans lequel il coule la sculpture. La Force se distingue des autres pièces avoisinantes autant par sa forme, angulaire, presque menaçante, que par son matériel, un métal foncé.

M. Villanove apprécie particulièrement cette pièce pour la façon dont elle «joue avec les saisons». Le jeu de lumières et de textures qui se déploie au gré du temps permet de l’apprécier de différentes manières aussi bien en automne qu’en hiver, croit-il.

Le Carrousel sauvage (Louis Chavigner)
Le Carrousel sauvage (Louis Chavigner)

Seule sur une petite colline, l’œuvre du sculpteur français Louis Chavigner n’est pas sans évoquer Stonehenge, le mythique et immense complexe mégalithique anglais. «Il rappelle les dolmens et les ruines anciennes», avance M. Villanove.

Les pièces qui constituent la structure ont été taillées en carrière, pour ensuite être assemblées sur les lieux. Chavigner a donc eu très peu de travail à accomplir sur place. «Il n’a pas travaillé longtemps sur cette sculpture au symposium, et on le lui a reproché», dit M. Villanove.

Sans titre (Krishna Reddy)
sans Titre (Krishna Reddy)
Cette pièce de l’artiste indien Krishna Reddy en a choqué certains lors de son dévoilement en raison de son aspect «peu subtil», selon M. Villanove. C’est qu’elle incarne des formes qui rappellent les parties intimes féminines. Ce dernier croit d’ailleurs qu’il serait peu probable qu’une telle œuvre soit installée de manière permanente dans un lieu public de nos jours. «Je ne suis pas sûr que ça passerait!», juge-t-il.

Le travail minutieux de l’artiste, qui a eu recours à deux assistants pour l’achever de justesse avant la fin du symposium, a été complexifié par son choix de matériel: le marbre portugais, très fragile, se prête mal à une sculpture aux formes aussi complexes.

Bonus info
Visites guidées du site du symposium
Les fins de semaine, du 29 août au 18 octobre, de 11h à 17h
Départ de la maison Smith, 1260, chemin Remembrance

Photos: Yves Provencher