Les ménages montréalais dépensent plus pour leur loyer, selon le FRAPRU
Selon les données de Statistiques Canada présentées mardi, 39,4% des ménages montréalais dépensaient en 2011 plus de 30% de leurs revenus pour se loger.
En 2006, le taux était de 37,7%, note le Front populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) à l’origine de la présentation de ces données.
Le fameux seuil de 30% est considéré comme le seuil d’abordabilité du logement. Au-delà de ce seuil, les gens doivent généralement limiter leurs autres dépenses pour pouvoir régler le loyer.
Dans son Dossier noir sur le logement et la pauvreté, le FRAPRU constate aussi qu’en 2011, 9,9% des ménages montréalais consacraient plus de 80% de leurs revenus à se loger (contre 8% en 2006).
«Il y a lieu de parler de crise, tellement la disparité est grandissante entre la capacité de payer d’une proportion significative des locataires et les loyers en vigueur sur le marché privé de l’habitation», a déclaré François Saillant, coordonnateur du FRAPRU.
L’organisme estime que l’accroissement du nombre de locataires en difficulté s’explique par la hausse du coût du logement Québec. Le loyer médian a en effet connu une progression de 13,6% pendant cette période, contre une hausse de 9,2% dans le cas du revenu médian des locataires. L’organisme estime que le nombre de locataires en difficulté justifie amplement le financement de 50 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans.
Du côté de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), on dénonce «les groupes d’activistes antipropriétaires vivant dans une autre réalité avec un discours rétrograde». «Ils refusent de reconnaître les chiffres présentés par les autorités compétentes et leurs actions contribuent à la perte de logements locatifs», clame Hans Brouillette, porte parole de la CORPIQ.
Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec mises en avant par la COPRPIQ, le revenu annuel moyen après impôt des ménages locataires québécois s’est plutôt accru de 21,6% entre 2006 et 2011. «En comparaison, le niveau moyen du loyer publié par la SCHL pour un logement de type 4½ a progressé durant la même période de 13% dans la région de Montréal», ajoute M. Brouillette.
La CORPIQ s’oppose au contrôle du prix des loyers par la Régie du logement, qui provoquerait selon elle à une baisse du taux de rendement du parc locatif et par ricochet une baisse de son niveau d’entretien.