Montréal

Congrès de l’ACFAS: nos coups de cœur

Photo: Collaboration spéciale

C’est à Montréal qu’on trouvera la semaine prochaine le plus grand nombre de chercheurs au mètre carré. Pourquoi? Parce que le 80e Congrès de l’ACFAS (Association francophone pour le savoir) battrs son plein du 7 au 11 mai, au Palais des congrès. En tout, 169 colloques réunissant 3 500 présentations sont au menu. Voici un aperçu de celles qui ont retenu notre attention.

  • 1. Le plus flyé

Le zombie est-il prude ?
Entre 2002 et 2009, les zombies ont envahi plus d’une centaine de films, sans parler de la littérature et des jeux vidéo. Dans le cadre du colloque Autopsie du zombie, le chercheur Simon Harel se demandera notamment pourquoi les zombies semblent avoir une libido si peu développée, sauf dans quelques cas de «porn zombie» mêlant copulation et dévoration. «Le colloque s’intéressera aussi à la renaissance du zombie qui, de monstre, devient désormais victime, symbole de la xénophobie des humains ou critique des dérives de la société de consommation», explique Jérôme-Olivier Allard, étudiant au DESS en arts, création et technologies à l’Université de Montréal.

  • 2. Le chiffre qui tue

2 000
Deux mille hectares de sites miniers au Québec sont à l’abandon, et la moitié d’entre eux (l’équivalent de 2 000 terrains de football) nécessitent une restauration, car ils sont gravement pollués. Fait notable, les régions les plus riches en minerais dans le monde sont aussi celles qui en profitent le moins. Ce phénomène est communément appelé «malédiction des ressources naturelles», explique Hugo Asselin, chercheur à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

  • 3. Le plus étonnant

Et si la géographie servait aussi à faire la paix?
Alors que l’intérêt pour la géographie diminue (baisse de 25 % des heures de cours au secondaire depuis 1998), cette discipline mériterait un bien meilleur sort, clame Edith Mukakayumba, présidente de la Maison de la géographie de Montréal. À l’inverse du géographe Yves Lacoste qui clamait en 1976 que «La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre», Mme Mukakayumba répond que si des géographes participaient à la résolution de conflits, les résultats seraient meilleurs. «Dans notre discipline, il n’y a pas que la géographie physique, il y a aussi la géographie historique, sociale, culturelle, économique, etc. Autant de branches qui permettent d’avoir une vision plus précise de la complexité d’un territoire et qu���il est indispensable de maîtriser quand on chemine vers la paix», conclut-elle. On a hâte de voir ce qu’en dira Roméo Dallaire.

  • 4. Le plus subversif

Travailler coûte cher!
Tel est le sous-titre de ce colloque qui se penche sur le phénomène de l’érosion de la rémunération dans un contexte de hausse du coût de la vie, d’instabilité du marché du travail et d’accroissement de l’endettement. Organisé par le GIREPS (Groupe interuniversitaire et interdisciplinaire de recherche sur l’emploi, la pauvreté et la protection sociale), ce colloque tombe à pic. En effet, Ottawa songerait à interdire aux prestataires de l’assurance-emploi de refuser un travail parce qu’il ne correspond pas à leur domaine d’activité ou qu’il est mal rémunéré.

  • 5. Le plus vert

Extraire des oméga-3 de résidus de moules
En récupérant la chair des 15 % de moules bleues qui sont éliminées lors du processus de commercialisation, on peut créer de la valeur ajoutée. Des chercheurs du Centre de transfert technologique en écologie industrielle peuvent désormais produire une l’huile contenant 20 % d’oméga-3. En gros, on mélange les moules dans un extracteur avec du CO2 liquide. En faisant grimper la pression et la chaleur, le CO2 agit comme solvant, ce qui permet ensuite de récupérer la précieuse huile. Quant aux coquilles, on peut les incorporer au béton des trottoirs, mais c’est une autre histoire…

On suivra aussi avec intérêt…
Géomorphologie des cours d’eau; Apocalypse(s) et imaginaires de la fin; L’humour, reflet de la société et Le vieillissement démographique : de nombreux enjeux à déchiffrer. Aussi au menu, un concours de vulgarisation où les chercheurs doivent faire le «pitch» de leurs résultats de recherche en trois minutes.

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