L’administration Coderre veut clore le débat sur le grabuge à l’hôtel de ville
L’administration montréalaise semble vouloir clore le débat entourant l’inaction des policiers face au grabuge commis par des manifestants, pour la plupart des pompiers, à l’hôtel de ville le 18 août.
C’est ce qui ressort du passage, lundi, du directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, devant la commission sur la Sécurité publique de la Ville.
La présidente de la commission, Anie Samson, veut tourner la page après le dépôt du rapport du SPVM, déposé la semaine dernière, sur le saccage dans la chambre du conseil municipal qui a eu lieu lors d’une manifestation contre la réforme des régimes de retraite des employés municipaux.
«On a beau fesser sur le clou et dire « on aurait dû, on aurait dû », mais c’est fini. Ce qu’il faut, c’est apprendre de ces situations, a-t-elle dit lundi. On voit déjà les améliorations qu’on a mises en place.»
«On sort grandi de ce qui s’est passé. On se relève, et on peut s’assurer que ça n’arrivera plus.» -Anie Samson, présidente de la commission sur la Sécurité publique
Le chef de police a répondu aux questions des élus lors de l’audience de la commission en s’en remettant à son rapport. Une mauvaise communication entre le Centre de commandement et de traitement de l’information (CCTI) et les agents sur le terrain, et un manque de directives serait surtout en cause, selon lui.
«Il y aurait dû y avoir des interventions à différents moments par des policiers qui étaient en attente, et qui auraient dû avoir des consignes claires», a reconnu M. Parent.
Le chef de police a rappelé que quatre cadres du SPVM, qui auraient dû ordonner aux agents d’intervenir, ont reçu des sanctions allant jusqu’à un mois de suspension sans solde.
Mme Samson a d’ailleurs bonifié l’explication du SPVM, qui a affirmé ne pas avoir correctement jugé la menace d’un débordement lors de la manifestation. «Jamais on aurait pu penser que nos employés auraient fait ça», juge-t-elle.
Des élus doutent de l’explication du SPVM
Plusieurs élus montréalais ont soulevé lundi des réserves quant aux explications offertes par le SPVM dans son rapport sur l’inaction des policiers lors du grabuge à l’hôtel de Ville.
La chef de Vrai changement pour Montréal, Lorraine Pagé, croit qu’une certaine complicité entre les services policiers et les manifestants, pour la plupart des pompiers, peut expliquer le fait que les agents sur place n’ont pas agi de manière appropriée.
Rappelons que les policiers sont eux aussi mécontents du projet de loi 3 sur la réforme des régimes de retraite, et que la manifestation du 18 août, qui s’est soldée par du saccage dans la chambre du conseil municipal, portait sur cet enjeu.
«On peut entretenir un doute raisonnable sur les motivations qui les ont emmenés à ne pas poser les gestes qui s’imposaient dans les circonstances, a-t-elle lancé. Il me semble que quand il y avait des manifestations de carrés rouges, par exemple, ils réussissaient toujours à apprécier la gravité de la situation.»
«Le rapport met le doigt sur des situations troublantes, mais n’apporte pas vraiment de solutions pour l’avenir et ça demeure préoccupant.» -Lorraine Pagé, chef de Vrai changement pour Montréal
Le conseiller de Ville dans Rosemont–La Petite-Patrie, François Limoges, a d’ailleurs soulevé pendant l’audience de la commission sur la sécurité publique la question de la «sympathie» apparente des policiers envers la cause des manifestants. «Je me suis posé la question: « si ça dégénère, on appelle qui? » a affirmé celui qui était dans la chambre du Conseil de ville alors que les manifestants ont fait irruption.
Il a toutefois indiqué que le SPVM avait été «irréprochable après coup» dans son enquête sur l’affaire.
Laurence Lavigne Lalonde, conseillère de Ville dans Maisonneuve–Longue-Pointe, avait bien du mal à s’expliquer l’inaction des policiers. «Il y avait des gens masqués, des gens déguisés, des gens qui lançaient différents objets, il y avait plein de feux dans les poubelles. […] J’avais une vue magnifique sur 8 à 10 policiers qui étaient de dos à la manifestation et qui n’agissaient pas», a-t-elle dit au chef du SPVM, Marc Parent, lors de l’audience.